François Bayrou, à la tête du CNR a dit non à la réforme des retraites
François Bayrou, à la tête du CNR a dit non à la réforme des retraites ©Maxppp - Thomas Padilla
François Bayrou, à la tête du CNR a dit non à la réforme des retraites ©Maxppp - Thomas Padilla
François Bayrou, à la tête du CNR a dit non à la réforme des retraites ©Maxppp - Thomas Padilla
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Ce Conseil national de la refondation est plus important qu’on ne le croit… On a beaucoup glosé sur cette invention d’Emmanuel Macron, ce machin qui singe le CNR, le vrai, celui de l’après-guerre.

Coup du sort, cette nouvelle instance de discussion a été lancée le 8 septembre dernier, jour qui restera plutôt dans les annales comme celui de la mort de la reine Elisabeth II.

En fait cela a plutôt été un coup de chance : cela a évité que les chaines infos, concentrées sur Balmoral, ne s’attardent sur le déroulement de la première journée du CNR à Marcoussis. En particulier ce grand moment de gêne quand l’après-midi, des ministres conviés se sont levés pour débiter leur feuille de route habituelle, semblant oublier qu’il s’agissait là d’inaugurer une nouvelle méthode.

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Depuis, le CNR ne fait plus les gros titres. En privé, un ministre m’a expliqué que c’était plutôt une bonne chose. Selon lui, « pour le moment, il vaut mieux qu’on ne sache pas trop de quoi il en retourne. Comme il est sous les radars, cela permet d’avancer tranquillement. »

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Avancer, mais vers quoi ?

Il s’agit de sujets essentiels comme « revoir toute l’organisation de l’école », comme l’a écrit le président de la République vendredi dernier aux professeurs et personnels de l’éducation nationale.
Le CNR Santé est lui prévu pour débuter le 3 octobre avec la question cruciale des déserts médicaux. Mais pour le moment l’intérêt du CNR, ce n’est pas ce qu’on y fait, mais la valeur politique qu’il est en train de prendre.
Cet organe est dépositaire du long terme, c’est-à-dire de la trace que les deux mandats d’Emmanuel Macron peuvent ou non laisser dans l’histoire. Il s’agit de prendre des orientations qui seront louées ou conspuées dans 10 ou 20 ans. Et son importance, on a pu la mesurer ce week-end via deux grandes voix.

Celle de François Bayrou d’abord

Quand il dit non à la réforme des retraites via amendement qu’envisage Emmanuel Macron, il invoque son rôle de patron du Conseil national de la refondation et met en garde. Selon lui, « cela créerait un mauvais climat et donnerait raison à tous ceux qui annoncent l’échec du CNR ».

Je pense aussi à Laurent Berger, patron de la CFDT. Lui aussi est vent debout contre cette réforme express des retraites. Si Macron ne l’écoute pas, il assure que la CFDT quittera la table du CNR.

En résumé, le CNR devient une monnaie d'échange

Emmanuel Macron, et c’est assez croquignolesque pour reprendre une de ses expressions favorites, va devoir arbitrer entre la mère des réformes et la survie de l’invention censée symboliser son deuxième quinquennat.