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On parle beaucoup des sous-marins australiens. Mais il y a un autre sujet qui concerne le Pacifique sud et qui commence à faire couler beaucoup d’encre. C’est la Nouvelle Calédonie. Le sujet s’invite dans la campagne. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Eric Zemmour…

Avec
  • Marcelo Wesfreid Journaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France

Ces derniers jours, ils sont tous montés au créneau pour que cet archipel à 16 000 km de Paris continue à faire partie de la France.   Car il doit y avoir un référendum d’autodétermination le 12 décembre. Je dis « dois » car la situation est sous tension. Les indépendantistes viennent d’annoncer qu’ils ne participeraient pas à la consultation.    Ils invoquent la situation sanitaire. Pourtant, l’épidémie recule. Le confinement est terminé. Et on peut depuis quelques heures se rendre sur le « Caillou » sans motif impérieux.   

La raison de ce boycott

En réalité, les indépendantistes veulent gagner du temps. Ils sentent bien que la période ne leur est pas favorable. Il faut dire que l’Etat français a été très présent. Il a dépêché de l’hexagone des médecins et des vaccins.   Dans ce contexte, Emmanuel Macron n’a pas l’intention de reporter le référendum. Il veut montrer qu’il a su gérer ce dossier. La Nouvelle Calédonie, c’est le dossier le plus explosif des quarante dernières années dans les Outre-mer. Souvenez vous de l’épisode sanglant d’Ouvéa dans la campagne de 1988.   

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A droite comme à l’extrême droite, l’opposition demande à Emmanuel Macron de se mouiller « clairement » contre l’indépendance. Et de préserver les limites du pays.  Xavier Bertrand a une formule choc : « la nouvelle calédonie restera française ou sera chinoise ». De son côté, Eric Zemmour, a dénoncé, samedi, le fait que « la Chine soutient les indépendantistes, au nez et à la barbe de Paris ».  

Une influence chinoise 

C’est exagéré de la dire. Il n’empêche, le gouvernement français n’écarte aucune hypothèse. D’autant qu’au dernier référendum, il y avait seulement 9000 voix d’écart.  

L’exécutif a lancé le 15 octobre dernier une agence de lutte contre les ingérences étrangères. Sa première mission sera justement de surveiller le référendum en Nouvelle Calédonie. Un test grandeur nature avant la présidentielle.  Seulement ce service n’est pas encore opérationnel car il manque un décret du conseil d’Etat et un avis de la CNIL pour commencer à travailler. Au gouvernement, on assure que tout sera prêt pour le 12 décembre. Pas question d’un second fiasco dans la Pacifique sud.