Paris rechigne à faire appliquer les 35 heures ©Getty - Frédéric Soltan
Paris rechigne à faire appliquer les 35 heures ©Getty - Frédéric Soltan
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Résumé

Le gouvernement hausse le ton sur la question du temps de travail chez les agents municipaux. Et ce n’est pas une affaire anodine à cinq mois de la présidentielle.

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On veut faire respecter la loi. On veut valoriser le travail. On veut de l’efficacité. Voilà le genre de phrases qu’on entend en ce moment sur la question du temps de travail dans les communes. 

Le gouvernement veut faire appliquer une loi de 2019 qui exige que les agents municipaux travaillent 35 heures. Qu’ils soient alignés sur reste de la fonction publique ou sur le privé. Précisément, 1607 heures. A l’époque, ce n’était le cas que dans la moitié des collectivités.

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Certains maires distribuaient des congés en plus, sous forme par exemple de « jours du maire ». Ou embauchaient plus de personnel pour des raisons sociales, voire clientélistes. Ces pratiques sont censées prendre fin dans deux mois. 

Le gouvernement a laissé aux maires jusqu’au 1er janvier pour se mettre en conformité. Mais certains font de la résistance. A peu près une ville sur cinq.

Comment réagit le gouvernement ?

En montrant les muscles. Il a passé des consignes de « fermeté » aux préfets. Dès le début de l’an prochain, les préfets devront attaquer au tribunal administratif les réfractaires. Le gouvernement pratique aussi le « name and shame », cette pratique anglo-saxonne qui consiste à nommer les bons et les mauvais élèves. 

Il a publié un communiqué où sont nommés les villes méritantes comme Nantes ou Montpellier. D’autres sont clouées au pilori : Strasbourg, Clermont-Ferrand ou des communes de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne

Dans la plupart des cas, ce sont des villes gérées par la gauche

A commencer par Paris, qui rechigne aux 35 heures. Le gouvernement est persuadé qu’Anne Hidalgo veut éviter de lancer avant la présidentielle une réforme qui mettrait le feu chez elle… Paris a adopté une délibération pour revoir son organisation du travail de manière échelonnée au cours de l’année 2022. L’Etat l'a attaquée. Et le tribunal administratif a suspendu cette mesure.

Quoi qu’il en soit, le ton de l’exécutif n’est pas neutre. Cette offensive est un message envoyé à une partie des électeurs de droite. Ceux-là même qui reprochent à Emmanuel Macron de « cramer la caisse » ou de ne pas avoir réduit le nombre de fonctionnaires. 

« On veut faire de cette réforme un outil politique », me disait hier un conseiller. Dans ce contexte, les tribunaux administratifs devraient avoir du pain sur la planche, à partir de janvier