Emmanuel Macron le 10 mai 2022 à la cérémonie pour la Journée nationale des mémoires de l'esclavage
Emmanuel Macron le 10 mai 2022 à la cérémonie pour la Journée nationale des mémoires de l'esclavage
Emmanuel Macron le 10 mai 2022 à la cérémonie pour la Journée nationale des mémoires de l'esclavage ©Maxppp - CHRISTIAN HARTMANN / POOL
Emmanuel Macron le 10 mai 2022 à la cérémonie pour la Journée nationale des mémoires de l'esclavage ©Maxppp - CHRISTIAN HARTMANN / POOL
Emmanuel Macron le 10 mai 2022 à la cérémonie pour la Journée nationale des mémoires de l'esclavage ©Maxppp - CHRISTIAN HARTMANN / POOL
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Résumé

La majorité présidentielle a réuni hier. L’ensemble de ses candidats aux législatives à Aubervilliers. L'occasion pour le camp du président de lancer enfin la campagne.

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A midi, c'était l'heure de la photo de famille. Les candidats choisis par Emmanuel Macron ont pris la pose, tous ensemble. En mode, on fait bloc, on est prêt pour la bataille. Au premier rang, il y avait des visages connus : c’étaient les ministres. Derrière, des dizaines de députés. Assez peu de nouvelles têtes. Car, si on fait les calculs, Emmanuel Macron a reconduit 85% des députés sortants. Il a aussi investi des profils de techniciens de la politique. Des anciens conseillers de Macron à l’Elysée, des membres du staff Castex, des collaborateurs de Bruno le Maire, de Gérald Darmanin, des cadres de la République en marche, etc…

Bref, l'ensemble est assez endogamique. Il y avait même, pour l’anecdote, un député du Gers Jean-René Cazeneuve et son fils, Pierre, qui a travaillé sur la campagne de Macron et qui se présentera dans les Hauts-de-Seine. Bref, la plupart des candidats sont déjà des professionnels du circuit...

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Qu’est-ce que cela traduit ?

Emmanuel Macron a voulu jouer la sécurité. Il ne peut plus se représenter, il sait que ca peut être le souk pendant cinq ans, avec des batailles de succession en tous sens, alors, il cherche à se constituer un socle de parlementaires ultra loyaux.   Cela raconte aussi une autre évolution : la macronie, avec le temps, commence à avoir ses caciques, ses barons, ses apparatchiks. La majorité subit un processus, inévitable, de notabilisation, d’embourgoisement.

On est loin de 2017. A l’époque, les candidats qui avaient été investis, c’étaient des profils venus de la société civile, aussi féminins que masculins (alors qu’on a maintenant plus d’hommes), et des prises de guerre à gauche et à droite. Cinq ans plus tard, l'élargissement se résume à une poignée de transfuges, surtout de droite. Et basta.

A quoi servait donc la journée d'hier, à Aubervilliers ?

A envoyer un signal et à faire un peu de formation. Les anciens ont expliqué aux quelques nouveaux comment s’organiser, remplir les formalités administratives et animer des réunions publiques. Mais l’essentiel a commencé à 18H30 quand Emmanuel Macron est venu haranguer ses troupes. Tout un symbole. Tout converge vers la figure présidentielle. Chacun dépend de ses réussites comme de ses faux pas. La Macronie se solidifie tout en se repliant sur elle-même. Une stratégie à double tranchant.

Références

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