La majorité face au casse-tête Zemmour

France Inter
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La majorité hésite sur la bonne stratégie de riposte face au polémiste Eric Zemmour. Entre ceux qui l’attaquent, l’ignorent ou l’esquivent, chacun tâtonne.

La majorité est un peu face au phénomène Zemmour comme une poule qui a trouvé un couteau. Personne ne sait quoi faire. Au début, les marcheurs ont tenté une méthode : l’artillerie lourde. 

Zemmour, c’est la « peste noire ». Zemmour, c’est « un virus qui contamine la France ». Voilà ce que disaient les dirigeants de la République en marche. 

On entendait ça en septembre, dans leurs meetings. Une diabolisation qui n’a pas fonctionné. Voire, qui a été contre-productive.

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Puis, changement de stratégie. 

L’idée, c’est désormais d’éviter le choc frontal avec le polémiste.  A l’image de ce que fait Emmanuel Macron. Il distille des piques au fil de ses déplacements. Sa ficelle, c’est de ne pas nommer Zemmour - pour ne pas se mettre à son niveau - tout en balançant des allusions faciles à décrypter. 

Un jour, il décore un chocolatier et s’en prend, tout à coup, à ceux qui ont une vision « rétrécie » de la France. Un autre, il est à la bibliothèque nationale, et il égratigne ceux qui pensent que l’identité de la France, c’est la question des prénoms. Eric, si tu nous entends….

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, pense lui qu’il faut faire monter au créneau la société civile, autrement dit des personnalités non politiques pour attaquer Eric Zemmour. C’est ce qu’il a préconisé au bureau exécutif de la République en marche.

D’autres poids lourds estiment qu’il faut répondre à l’outrance avec des arguments chiffrés, des faits. Bref, se draper dans les habits de la raison… Les autres, enfin, choisissent l’esquive. Sur le thème, tant qu’Eric Zemmour n’est pas  officiellement candidat, tant qu’il n’a pas de programme qu’on puisse décortiquer, on ne sort pas de nos tranchées. 

Eric Zemmour n’a donc pas beaucoup de contradicteurs dans la majorité

En effet. C’est comme si les macronistes attendaient que le temps fasse son effet, que la dynamique autour du possible candidat s’essouffle d’elle-même. Une stratégie risquée.

Les proches du président notent toutefois que l’immigration n’est déjà plus le thème numéro 1 des Français. Ce sujet vient d’être détrôné par le pouvoir d’achat. Et sur ce sujet, le roi des chèques à tout va se trouve à l’Elysée. Avec des voyants économiques au vert, sur la croissance, sur le chômage. 

Raison de plus pour Emmanuel Macron d’attendre avant d’entrer dans  l’arène. Il reste cinq mois. En politique, c’est une éternité. 

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