Siège de la FIFA - Coupe du monde 2022 : la Shell Tower à Lusail City à Doha au Qatar ©Getty - Matthew Ashton - AMA/Getty Images
Siège de la FIFA - Coupe du monde 2022 : la Shell Tower à Lusail City à Doha au Qatar ©Getty - Matthew Ashton - AMA/Getty Images
Siège de la FIFA - Coupe du monde 2022 : la Shell Tower à Lusail City à Doha au Qatar ©Getty - Matthew Ashton - AMA/Getty Images
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Résumé

Lundi matin, l’acteur Vincent Lindon a réclamé sur notre antenne le boycott du mondial de foot au Qatar. Au nom des droits de l’homme et pour dénoncer les stades climatisés en plein désert. Un appel très commenté… Mais sera-t-il suivi d’effet ?

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On ne prend pas beaucoup de risque en répondant, par avance : non. Le foot c’est le sport le plus populaire. Tout le monde voudra être derrière son équipe nationale ! Cela, c’est pour la passion. Mais il y a aussi la réalpolitik qui s’invite dans le débat…

En pleine crise énergétique, aucun pays ne va se mettre à dos le Qatar, son gaz et son pétrole. J’ai appelé hier le ministère des Sports pour connaître la position officielle de la France. On m’a renvoyé vers le Quai d’Orsay. Qui - à son tour - m’a dit d’appeler le porte-parolat du gouvernement. Lequel m’a aiguillé vers d’autres ministères. On le voit, chacun se renvoie la balle, si on veut parler foot... Même silence à l’Elysée. D’ailleurs, le sujet s’était déjà posé au moment des JO de Pékin. Emmanuel Macron s’était dit à l’époque peu convaincu par l’idée d’un boycott par les autorités diplomatiques…

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Et dans l’opposition ?

Il n’y a guère que les Ecolos et la France insoumise qui estiment que les « Français n’ont rien à foutre là-bas », pour citer Jean-Luc Mélenchon.

Finalement, si on prend un peu de distance historique, on se rend compte que ce genre d’appel n’a jamais beaucoup de succès. A part le boycott des JO de Moscou en 1980. Mais c’était la guerre froide, avec les Etats-Unis à la manœuvre. Comparez avec les Jeux d’hiver de Sotchi, en 2014. Les protestations contre la même Russie qui avait envahi la Crimée ne sont pas allées très loin…

Citons aussi l’Argentine 1978

La compétition se déroule à quelques centaines de mètres du plus gros centre de torture de la junte argentine, dans l’école de mécanique de la marine à Buenos aires.

Pas grand monde n’avait protesté. En France, seule la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) avait appelé à bouder le rendez-vous. Platini avait dit : « j’irai à la nage à Buenos-Aires, s’il le faut. ». Parmi les joueurs, Dominique Rocheteau avait tenté de convaincre ses partenaires de mettre un brassard noir sur le terrain. Il avait fait un flop. Cette année-là, les Bleus s’étaient mobilisés mais pas sur le plan politique.

C’était contre leur sponsor Adidas, qui versaient des primes jugées trop faibles. Lors du premier match, c’était contre l’Italie, les joueurs avaient recouvert de cirage les trois bandes de leurs chaussures. A chacun ses priorités.

Références

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