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Résumé

Clément Pétreault trouve qu'Emmanuel Macron a changé…

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Il a mouillé sa chemise, Emmanuel Macron, pour draguer l’électeur de gauche un peu boudeur au lendemain du premier tour ! Promesse d’un premier ministre chargé de la planification écologique, assouplissement de la réforme des retraites, infléchissement du discours sur la laïcité… Vous pouvez désormais l’appeler Jean-Luc Macron ou Emmanuel Mélenchon tellement le président-candidat a tout fait pour se dé-droitiser -on pourrait même dire se dédiaboliser-. Pour lui, l’enjeu est majeur : il doit, s’il veut se faire réélire honorablement, convaincre les électeurs de gauche, ces “castors fatigués” de dresser des barrages contre l’extrême droite à coup de bulletins de vote. Sans être alarmistes, les signaux sont tout même mitigés pour le président sortant : une consultation en ligne menée la semaine dernière auprès des 310 000 parrains de Jean-Luc Mélenchon a montré que 67% d’entre eux prévoyaient de voter blanc ou de s’abstenir… Or, Emmanuel Macron, tout Jupiter qu’il est, a tout de même besoin de quelques voix de gauche pour être réélu.

Est-ce là le signe que le Front Républicain est mort ?

Le front républicain est une idée assurément dépassée à gauche, mais pas pour tout le monde. L’Ifop a produit un jeu de données récentes sur le comportement de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon au second tour. Il apparaît de manière surprenante, que plus les électeurs mélenchonistes sont âgés, plus ils ont l’intention de voter blanc… 29% des plus de 65 ans ont l’intention de voter Emmanuel Macron dimanche prochain, contre 52% chez les jeunes de 18-24 ans. « Il s’agit d’un phénomène assez contre-intuitif », explique Jérôme Fourquet de l’Ifop, pour qui cet écart « montre que le front républicain est d’abord défendu par ceux qui n’en n’ont pas ou peu fait l’expérience ».

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Y a-t-il d’autres critères qui jouent sur ces intentions de vote ?

Oui. Il y a aussi des différences très importantes en fonction du niveau de diplôme. En gros, plus l’électeur Mélenchon est diplômé et urbain, plus il aura tendance à participer au front républicain et donc à glisser un bulletin Emmanuel Macron dans l’urne dimanche. À l’inverse, près d’un tiers de l’électorat mélenchoniste non-diplômé s’apprête à voter en faveur de la candidate RN dimanche. Bref, tous les électeurs de l’union populaire ne semblent vraiment pas sur la même ligne. Voilà qui tombe bien pour le Président sortant, qui a compris que Jean-Luc Mélenchon était le seul à pouvoir le sauver de l’accident électoral… Pas étonnant dès lors que le chef des insoumis se voit déjà à Matignon.

Références

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