Le cadeau (empoisonné de Poutine) à Macron ici en 2019 à Paris
Le cadeau (empoisonné de Poutine) à Macron ici en 2019 à Paris
Le cadeau (empoisonné de Poutine) à Macron ici en 2019 à Paris ©Getty - Chesnot/Getty Images
Le cadeau (empoisonné de Poutine) à Macron ici en 2019 à Paris ©Getty - Chesnot/Getty Images
Le cadeau (empoisonné de Poutine) à Macron ici en 2019 à Paris ©Getty - Chesnot/Getty Images
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Résumé

Et si Vladimir Poutine rendait, involontairement, service à Emmanuel Macron ?

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C’est une vraie question. Pas besoin d’être docteur en sciences comportementales pour comprendre qu’en période de crise, les électeurs ont tendance à privilégier la stabilité à l’aventure, la continuité du pouvoir, à l’alternance. En déclenchant une guerre aux portes de l’Europe, Vladimir Poutine pourrait bien transformer l’élection présidentielle française en une promenade de santé pour le candidat Macron… Ce principe s’est d’ailleurs largement vérifié lors des élections municipales et régionales qui se sont tenues en pleine crise sanitaire : à de rares exceptions près, les exécutifs locaux ont été reconduits dans leurs fonctions.

Cela signifie-t-il que la campagne électorale est terminée avant d’avoir commencé ?

Si le Président sortant ne fait pas campagne, il n’y aura tout simplement pas de campagne électorale… Les candidats en seront réduits à commenter l’action de celui qui gouverne, en espérant secrètement qu’il trébuche… La campagne qui se profile à l’horizon promet d’être minimaliste. Il ne faut pas non plus négliger les effets collatéraux sur la vie politique française des décisions belliqueuses de l’incontrôlable président Russe… En envahissant l’Ukraine, Poutine disqualifie les responsables politiques qui soutenaient un accord avec la Russie : Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et surtout, Eric Zemmour -qui en septembre 2018 rêvait d’un  « Poutine français ». Ces trois candidats doivent affronter un choix cornélien : reconnaître leur manque de flair diplomatique ou défendre une position alambiquée allant contre les intérêts de la France et de l’Europe… En d’autres termes, ils doivent choisir, passer pour des incompétents ou des cyniques.

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Si l’horizon politique semble dégagé pour le Président sortant, est-ce pour autant une bonne nouvelle pour lui ?

Non, c’est loin d’être une situation confortable. D’abord, il lui faudra assumer l’échec de la médiation avec Poutine, ainsi que la part d’humiliation diplomatique que représente cette guerre pour l’Europe. Privé de campagne électorale, le pays est aussi privé de perspectives. Emmanuel Macron, qui rêvait de faire campagne sur l’optimisme, devra probablement revoir sa partition. Il lui faudra dire comment il compte gérer les conséquences économiques et sociales d’un tel conflit : les prix de l’énergie, des métaux et du blé vont s’envoler ce qui ne sera pas sans conséquence sur la vie de nombreux Français. Une fois encore, les ambitions d’Emmanuel Macron se fracassent sur le réel… Lui qui rêvait de faire de la politique autrement, depuis 2018, il ne fait que gérer des crises.