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Résumé

On ne compte plus les textes sacrifiés sur l’autel du Covid. Des réformes comme la loi « grand âge » vont rester dans les cartons. Il n’y a plus de temps pour les voter avant la fin du mandat. Emmanuel Macron a toutefois tenu à sauver un texte sans lien avec le sanitaire : un projet de loi sur la justice

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Le gouvernement présente aujourd’hui en conseil des ministres un projet de loi sur la justice. Il est porté par le plus connu des ministres, Eric Dupont Moretti. Le président veut relancer ce ministre qui a disparu de la scène médiatique à cause de l’épidémie. Or, il a besoin de ce tribun pour 2022, dans la bagarre contre Marine le Pen. 

Et puis il s’agit pour le président de pousser un texte régalien, qui parle de cour d’assise et de détention provisoire. La justice, mais aussi la police : ce sont des thèmes de prédilection en ce moment au sommet de l’Etat. Hier, un macroniste me disait : « l’insécurité c’est redevenu dans les sondages l’une des préoccupations principales des Français. C’est repassé devant l’écologie. Donc, il faut mettre le paquet, continuer notre offensive régalienne…». 

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Le budget de la justice a augmenté

Et les effectifs de police aussi. Mais on ne gagne pas sur un bilan. C’est connu. Il faut marquer les esprits. Et c’est ce qui a conduit le gouvernement à taper fort, lundi au sénat.

Les parlementaires sont en train d’examiner le texte sur le séparatisme. Quand soudain, le gouvernement sort de son chapeau un amendement qui permet aux préfets de fermer une école hors contrat si elle fait de l’ingérence étrangère. 

Dans le viseur de l’exécutif : un établissement de 16 classes qu’une association islamique turque, le Milli Gorus, veut construire à Albertville, en Savoie. Le maire divers droite est furieux contre ce projet et le président de la région LR Laurent Wauquiez a demandé à Macron de tout bloquer.

Donc le gouvernement donne raison à l’ancien patron des Républicains

L’exécutif continue clairement à chasser sur les terres de la droite. Et ce ne sont pas les récents sondages qui montrent que la gauche est à des niveaux historiquement bas et qu’elle n’est d’accord entre ses différents mouvements sur pas grand-chose, qui vont convaincre le gouvernement de changer de stratégie.

C’est à droite que se trouvent les voix qui feront la différence. C’est la conviction du camp Macron. Bref, on risque d’entendre souvent parler de sécurité, terrorisme, immigration et politique pénale au cours des douze prochains mois. Nous voilà prévenus !

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L'équipe

Marcelo Wesfreid
Production