Le “risque Le Pen” mobilise-t-il encore les électeurs ?
Le “risque Le Pen” mobilise-t-il encore les électeurs ?
Le “risque Le Pen” mobilise-t-il encore les électeurs ? ©AFP - Bertrand GUAY
Le “risque Le Pen” mobilise-t-il encore les électeurs ? ©AFP - Bertrand GUAY
Le “risque Le Pen” mobilise-t-il encore les électeurs ? ©AFP - Bertrand GUAY
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Résumé

Le risque de voir le Rassemblement national l’emporter : c’est ce que martèlent des stratèges macronistes pour justifier l’alliance entre LREM et la droite aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur. En région Paca, la tête de liste du RN, Thierry Mariani, fait la course en tête dans les sondages.

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En concluant un accord avec Renaud Muselier, le président de région sortant, qui est membre des Républicains, Emmanuel Macron tente dès le premier tour la fameuse stratégie du « front républicain », ou en tout cas du rassemblement. Avec pour objectif affiché d**’empêcher la prise d’un conseil régional par le RN.**

Cette rhétorique du front républicain fonctionne-t-elle ?

Sur le temps long, de moins en moins bien, et on le sait déjà. Il suffisait de comparer le second de tour de l’élection présidentielle de 2002 avec celui de 2017. Deux salles, deux ambiances… En 2002, les grands défilés contre Jean-Marie Le Pen et le refus indigné de Jacques Chirac de débattre avec lui. En 2017, c’était un second tour presque normal… D’ailleurs, non seulement Emmanuel Macron a accepté de débattre avec Marine Le Pen, mais il n’a pas tellement adopté un registre moral en s’alarmant d’un danger pesant sur la démocratie… Il a préféré aller sur le fond des dossiers et laisser son adversaire s’enliser dans de grossières erreurs.

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C’est la stratégie privilégiée par La République en marche aujourd’hui ?

En fait, il y a un débat dans la Macronie, où l’on frissonne depuis cet hiver en voyant que les sondages ne donnent au président que quelques points d’avance au second tour… Entre un Gérald Darmanin qui moque une Marine Le Pen « un peu molle », en espérant convaincre l’électorat populaire de ne pas voter pour elle, et un Christophe Castaner qui déclame solennellement qu’elle est « une ennemie de la République », c’est le grand écart.

Mais derrière ce débat, il y a une fixation assez dangereuse. La rhétorique du danger RN comporte un risque, celui de mettre l’électeur en colère en lui assénant qu’il n’y a pas d’alternative. Regardez, nous en sommes à comparer des sondages de second tour pour savoir qui signerait le moins mauvais score face à Marine Le Pen en 2022, alors que le premier tour n’a même pas eu lieu… Résumer la présidentielle à cela, c’est figer le débat sur la personne de Le Pen, c’est presque en faire le pivot de notre système politique… Bref, c’est lui faire un sacré cadeau !