Drapeau kanak ©AFP - Delphine Mayeur / Hans Lucas /
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Résumé

Les leaders de Nouvelle-Calédonie ont été invités à Paris par le gouvernement pour préparer l’organisation du prochain référendum d’autodétermination. Un dossier explosif qui pourrait s’inviter dans le débat de la présidentielle.

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Ca y est. Ils sont arrivés hier à Paris. Crevés, évidemment. 23 heures de vol. Mais ils ont intérêt à rattraper rapidement parce qu’ils dînent ce soir avec le premier ministre Jean Castex. Puis, ils verront Emmanuel Macron, la semaine prochaine.

L’exécutif se met en quatre pour les représentants de cet archipel

On parle pourtant d’un territoire lointain dans le Pacifique Sud. Il est peuplé de seulement 270 000 habitants. C’est l’équivalent des Ardennes.

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Seulement voilà : depuis quatre décennies, tous les gouvernements, sans exception, surveillent la situation comme le lait sur le feu… On a eu une guerre civile. Une paix fragile. Et après 2022, ce sera le saut dans l’inconnu.

Ce sera la fin des accords de Nouméa. En 1998, Lionel Jospin prévoit un régime institutionnel spécial. Et trois référendums d’autodétermination. Les deux premiers ont vu la victoire des loyalistes. Le troisième, donc le dernier, doit se tenir, au plus tard, en octobre 2022. 

Les indépendantistes veulent voter le plus tard possible. Parce qu’ils sont très divisés entre eux en ce moment.

Les kanaks ont besoin d’un peu de temps pour se refaire la cerise. A l’inverse, les loyalistes veulent qu’on vote dès cet automne, pour que l’économie redémarre… 

Et pour obtenir gain de cause, ils sont prêts à mobiliser leurs relais nationaux. Pas n’importe qui ! Ils ont leurs entrées chez le président du Sénat, Gérard Larcher. Mais aussi chez Xavier Bertrand. Et chez Marine le Pen, très implantée là-bas. Elle cartonné en 2017. Au second tour, elle avait fait 51% à Nouméa…

Pourquoi les leaders nationaux se saisiraient-ils de ce débat ?

Ce qui les intéresse, c’est le symbole politique. On parle des limites du pays. C’est l’influence de la France dans le Pacifique, à côté de l’Australie, pas très loin de la Chine. 

Si ce territoire stratégique bascule dans l’indépendance, ils pointeront à coup sûr la responsabilité de Macron dans le délitement de la France. 

De son côté, le gouvernement français sait que la situation en Nouvelle Calédonie peut très vite dégénérer. La prise d’otage sanglante à Ouvéa avait marqué l’entre-deux-tours de la présidentielle en 1988. Et cela, personne, dans les ministères, ne l’a oublié.  

Références

L'équipe

Marcelo Wesfreid
Production