Panthéon, Napoléon, noms de rues : comment Emmanuel Macron veut entrer dans les mémoires ©AFP - JULIEN DE ROSA / POOL
Panthéon, Napoléon, noms de rues : comment Emmanuel Macron veut entrer dans les mémoires ©AFP - JULIEN DE ROSA / POOL
Panthéon, Napoléon, noms de rues : comment Emmanuel Macron veut entrer dans les mémoires ©AFP - JULIEN DE ROSA / POOL
Publicité
Résumé

La délicate question de la mémoire crée des divisions jusqu’au sein de la majorité. Emmanuel Macron, jeune président sans histoire, veut faire des questions mémorielles l’un des marqueurs de la fin de son quinquennat.

En savoir plus

Il a par exemple décidé de commémorer le bicentenaire de la mort Napoléon le 5 mai prochain, là où Jacques Chirac avait décidé en son temps de boycotter Austerlitz. 

L’occasion d’une dispute intellectuelle à la Française. Alexis Corbière, le prof d’histoire de la France Insoumise estime par exemple que la République n’a pas à célébrer son fossoyeur. 

Publicité

La ligne de fracture passe aussi au sein de l’exécutif. Elisabeth Moreno, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a mis les pieds dans le plat en décrivant l’empereur comme l’un des plus grands misogynes de notre histoire qui, de surcroît, a rétabli l’esclavage. Une sortie qui a courroucé Emmanuel Macron. 

Preuve tout de même qu’il sait à quel point la question est sensible, j’ai appris que le chef de l’Etat réfléchissait aussi à rendre hommage au Général Dumas, ce fils d’esclave qui a servi les armées napoléoniennes. Et ce n’est pas tout…

3 min

Il y a aussi cette liste de personnalités issues de la diversité, proposées pour baptiser des rues

Elle a été publiée vendredi dernier par la ministre de la ville, Nadia Hai et vise à mettre en avant des personnes qui n’auraient pas encore trouvé leur place dans notre « mémoire commune ». 

Sauf que là aussi problème, les autres ministres concernés, dont Elisabeth Moreno, encore elle, se plaignent de n’avoir pas été suffisamment consultés. 

Sans compter que ce catalogue, parti d’une très bonne intention, accueille des personnalités déjà illustres, comme l’écrivain Emile Zola. Né à Paris, le chef de file du naturalisme, n’en est pas moins renvoyé dans cet inventaire à ses origines italiennes.

Est-il possible d’obtenir un consensus sur ces questions ? 

À réécouter : Simone Veil au Panthéon
1h 57

C’est bien ce que vise l’Elysée, en particulier pour les panthéonisations. 

Depuis le début de son quinquennat, Emmanuel Macron a fait entrer Simone Veil et Maurice Genevoix dans le temple des grands hommes. 

Avant la présidentielle, il a encore le temps de procéder à une dernière cérémonie. 

La famille de Rimbaud a refusé. 

L’avocate et féministe Gisèle Halimi aurait toute sa place dans le monument, mais selon mes informations, les militaires bloquent. La mémoire de la guerre d’Algérie, dont elle était une farouche opposante est visiblement encore trop vive. 

Autre hypothèse évoquée en haut lieu, la chanteuse et résistante Joséphine Baker. A moins que certains ne préfèrent la renvoyer à ses origines américaines.