La danseuse, comédienne, metteure en scène, scénariste, réalisatrice et auteure Andréa Bescond ©AFP - Loïc Venance
La danseuse, comédienne, metteure en scène, scénariste, réalisatrice et auteure Andréa Bescond ©AFP - Loïc Venance
La danseuse, comédienne, metteure en scène, scénariste, réalisatrice et auteure Andréa Bescond ©AFP - Loïc Venance
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Résumé

Odette a 8 ans. Elle est passionnée de danse. Mais un jour, un ami de la famille commence à l'approcher de façon anormale. Andréa Bescond a raconté dans "Les Chatouilles" une 'histoire inspirée du drame de son enfance lorsqu'elle a été victime d'un pédocriminel.

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Bonsoir à tous… Bienvenue dans Hors Piste…  L’émission qui commence là où l’actualité s’arrête… “Née le 12 juin 1979 à Ploemeur, elle est une danseuse, comédienne, metteure en scène, scénariste, réalisatrice et auteure française, lirez-vous d’elle si vous allez jeter un œil à sa fiche Wikipedia…

C’est évidemment une vision très incomplète de cette femme aux multiples casquettes. Elle qui est aussi un cri, une colère, une énergie. Une force de la nature. Qu’elle a décidé de mettre au service des autres. Et notamment de tous ceux qui (comme elles) sont ou ont été abusés, petits… Ce soir, Andréa BESCOND est dans Hors-Piste…  

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Extraits de l'entretien 

Qu'est-ce qui fait qu'un jour vous vous dites : "Je vais parler, ça suffit !" ?  

Andréa Bescond : "Personnellement, c'est parce que j'ai appris que ce monsieur devenait grand-père de deux petites filles. Je savais que c'était un violeur de petites filles.

J'avais une vingtaine d'années et je me souvenais de tout. 

Tout ça me dépassait. J'avais l'impression d'être d'ailleurs la seule au monde à avoir vécu ça. Je sais maintenant que c'est stupide. Aujourd'hui, on le sait très bien, on est très nombreux à avoir subi ce genre de choses."

Vous vous sentiez isolée ? 

"Oui, je me sentais seule au monde. J'étais surtout dans l'ignorance. On ne m'avait jamais parlé de ça. Ce n'est pas forcément la faute de mes parents, ni même de la société ou de l'école. 

Je n'avais jamais entendu parler de pédocriminalité, ou de l'importance à l'intégrité intime, physique, etc. Donc, quand cet homme m'a manipulée pour arriver à des fins sexuelles, j'étais complètement paumée". 

Puis, il me disait que j'étais vicieuse. Dans ses dires, la coupable, forcément, c'était moi.

Vous n'aviez pas les repères ? 

"Je ne savais pas ce qui était permis et ce qui ne l'était pas. Je devais obéir à l'adulte, point. 

Donc, je me suis tue longtemps, même si je savais que c'était sale, moche et forcément interdit. Je le sentais viscéralement.

Mais j'avais honte. Ça me fait souvent sourire jaune quand j'entends les gens qui disent : "Mais pourquoi elles ou ils n'ont pas parlé plus tôt ?". Mais si vous vous penchez sur le mécanisme des violences sexuelles, vous comprendrez pourquoi on met tant d'années à sortir de ce silence, et de ce secret. Et ce, même quand on est bien constitué, même si on n'est pas en situation de vulnérabilité. Cela demande énormément de temps."

Un homme déjà connu pour des mêmes faits

"Je suis allée porter plainte contre l'homme qui m'avait abusée quand j'ai su qu'il allait avoir des petites filles. Les policiers, comme je le raconte dans le film Les Chatouilles, m'ont dit que cet homme était connu pour ce genre de faits, qu'il avait déjà été accusé et condamné à suivre une petite thérapie en appel. Mais qu'il n'était pas allé en prison. Et d'ailleurs, il a violé des filles après. 

Si la justice fait son travail à ce moment-là, il n'y aurait pas eu d'autres victimes et il ne m'aurait pas violée. 

J'étais extrêmement bien accueillie par les gendarmes. Quand j'ai fait cette déposition, j'ai été très, très bien accompagnée. Les policiers savaient qui était le coupable puisque c'était un récidiviste. Quand ils l'ont incarcéré pour l'interroger, il a mis beaucoup de temps à dire la vérité, mais il a fini par céder, et reconnaître ce qu'il avait fait."

Que ressent-on après avoir porté plainte ? 

"Il y a eu un procès en cour d'assises, mais ça ne m'a pas libéré. Pourtant, je suis une miraculée parce que je fais partie du petit pourcentage qui obtient justice quand il a été violé dans l'enfance. Donc, l'homme qui m'a violée est allé en prison. 

J'ai été reconnue victime. Mais même si j'avais 25, 26 ans et je suis sortie de là sans qu'on me dise quoi faire de cette condamnation, sans que je sache quel sens cela avait.

Je suis repartie comme j'étais venue : bredouille et avec la culpabilité de ne pas me sentir mieux."

La suite est à écouter...

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L'équipe

Thomas Sotto
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