Temple protestant à Wadrilla sur l'île d'Ouvéa
Temple protestant à Wadrilla sur l'île d'Ouvéa ©AFP - Julien Thomazo / Photononstop
Temple protestant à Wadrilla sur l'île d'Ouvéa ©AFP - Julien Thomazo / Photononstop
Temple protestant à Wadrilla sur l'île d'Ouvéa ©AFP - Julien Thomazo / Photononstop
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Maurice Leenhardt, pasteur protestant à l’origine, est passé par l’expérience des langues kanaks et du terrain missionnaire puis est devenu le premier grand ethnologue de la Nouvelle-Calédonie.

Naissance : 9 mars 1878, à Montauban, vieille citadelle protestante. Son père, le pasteur Franz, y enseigne à la Faculté de théologie. 

Mariage : avec Jeanne Michel qui appartient à une grande famille universitaire... protestante. Elle partagera son esprit missionnaire puis ses recherches ethnologiques.

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La mission ? C'est la Nouvelle-Calédonie. Trois longs séjours jusqu'en 1930.

Avec l'installation dès 1902 dans la station d'évangélisation de Do Neva dans la Grande Terre. "Ecoutes les indigènes, lui avait recommandé son père." Les Leenhardt portent une attention particulière aux langues kanaks qu'ils feront apprendre à leur cinq enfants - dont un futur pasteur. La grande aventure des Leenhardt, c'est la traduction collective du Nouveau Testament en langue du pays houaïlou.

La mission... en temps de colonisation : Leenhardt critique les excès du colonialisme mais s'inscrit dans une optique de réformisme colonial. Il agit dans un archipel définitivement composite. Sa notion d'esprit commun qui pourrait fédérer les différents groupes de l'archipel servira de base aux Accords de paix de 1988-1998.

La mission mène à l'ethnologie : Marcel Mauss, qui va devenir le maitre de Leenhardt et auquel il va succéder à l'Ecole des Hautes Etudes, lui a toujours fait observer que l'archipel est une vraie terre d'élection pour l'observateur passionné d'archéologie préhistorique, de linguistique, de sociologie.

Les deux derniers séjours de Leenhardt et de sa femme, avant et après la Deuxième Guerre, sont des missions scientifiques.

Les livres : « Gens de la Grande Terre » en 1937 et, dix ans plus tard, le très discuté « Do Kamo », sous-titré « Personne et mythe chez les Mélanésiens » qui, dit-il, ont interminablement vécu un temps organisé par les seuls mythes.

Autant les habitants les plus divers de la Nouvelle-Calédonie peuvent se retrouver dans l'idée d'échange culturel que défendait Leenhardt autant les ethnologues se disputent-ils autour de sa conception du mythe : a-t-il vraiment tenu les habitants anciens de la Nouvelle-Calédonie dans un perpétuel présent sans histoire sur laquelle les hommes puissent intervenir ?

Sa mort. En janvier 1954. Il n'aura pu, l'année précédente, intervenir comme il l'aurait souhaité dans les manifestations du centenaire de la présence française.

Ouvrages de Maurice Leenhardt :

  • Gens de la grande terre Gallimard
  • Do Kamo. La personne et le mythe dans le monde mélanésien Gallimard

Autres ouvrages :

  • Frédéric Rognon Maurice Leenhardt pour un "Destin commun" en Nouvelle-Calédonie Editions Olivétan
  • James Clifford Maurice Leenhardt. Personne et mythe en Nouvelle-Calédonie Editions Jean-Michel Place
  • Roselène Dousset-Leenhardt La Tête aux antipodes. Récit autobiographique Editions Galilée
  • Jean Guiart Maurice Leenhardt, le lien d'un homme avec un peuple qui ne voulait pas mourir Le Rocher-à-la-Voile
  • Michel Naepels et Christine Salomon (dir.) Terrains et destins de Maurice Leenhardt EHESS Éditions
  • Dominique Barbe, Caroline Graille et Gwénael Murphy (dir.) Maurice Leenhardt (1878-1954) Contextes et héritages Actes du colloque des 27-28/09/2019 à Nouméa

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