Karl Kraus dans le parc du château de Janowitz, demeure de Sidonie Nádherná von Borutín, en 1933 ©Getty - Imagno
Karl Kraus dans le parc du château de Janowitz, demeure de Sidonie Nádherná von Borutín, en 1933 ©Getty - Imagno
Karl Kraus dans le parc du château de Janowitz, demeure de Sidonie Nádherná von Borutín, en 1933 ©Getty - Imagno
Publicité
Résumé

En quelque 900 numéros de sa revue et quelque 700 lectures publiques , Karl Kraus a voulu redonner aux mots le sens que leur enlevaient les grands médias de son époque. Il a titré sa pièce sur la Première Guerre «Les derniers jours de l’humanité», prévoyant que le nazisme ouvrirait «Les premiers jours de l’inhumanité".

avec :

Georges Banu (Professeur à Paris III, essayiste et critique spécialiste du théâtre), Jacques Le Rider (Historien spécialiste de l'Autriche, directeur d'étude à l'Ecole des Hautes Etudes, ancien directeur de l’institut français de Vienne).

En savoir plus

Prénom : Karl

Nom : Kraus

Publicité

Naissance : 28 avril 1874 en Bohême qui appartient alors à l'empire austro-hongrois. Sa famille en rejoint la capitale en 1877. Il sera dorénavant viennois, toujours viennois.

Religion : Il est de famille juive mais, dit-il, chacun, en naissant, a assez rempli ses devoirs envers sa race. Ses propos sur les juifs ne sont pas nécessairement aimables et quand il parle du sionisme, il est carrément mal aimable.

L'écrit : la fondation de Die Fackel, La Torche, Le Flambeau. Une revue sans nulle publicité d'aucune sorte. Parution aléatoire quand cela lui parait nécessaire avec la taille variable qu'exige le moment. Chaque numéro qu'à partir de 1911 il conduit seul est une œuvre d'art. L'exact inverse de la grande presse qui sera toujours son ennemie numéro un.

La scène : Il s'y produit pour des lectures publiques très courues où il déclame, proclame, chante ses textes ou d'autres, comme les sonnets de Shakespeare ou les opérettes d'Offenbach dont il propose des réductions dont il est le seul interprète. Au total, il donnera 700 lectures publiques devant, parfois, 1500 ou 2000 personnes.

1914 : Une infirmité le fera échapper au régiment. Il donnera de la Grande Guerre une immense fresque, Les derniers jours de l'humanité qu'on peut représenter, dira-t-il, en douze heures ou aussi bien en une semaine. Auteur d'aphorismes qui explosent en peu de mots, il est capable aussi de gigantisme.

1933-1934 : La prise du pouvoir par Hitler rapproche la perspective de l'Anschluss, l'absorption de l'Autriche devenue une petite république par le Grand Reich. Kraus y est violemment hostile. Ses admirateurs considèrent qu'il ne sait plus trouver les angles d'attaque efficaces. Il rédige pourtant en 1933 un livre fleuve contre le nazisme mais il renonce au dernier moment à le faire paraitre.

Sa mort : 12 juin 1936, dans un relatif isolement.

1938 : L'Anschluss est arrivé. Sa bibliothèque, ses papiers, son imprimerie saccagés par les nazis.

1952 : la publication tardive de la Troisième Nuit de Walpurgis, son ouvrage anti-antinazisme permet de lui rendre une dernière justice.

Ouvrages de Karl Kraus :

  • Les derniers jours de l'humanité (traduction par Jean-Louis Besson et Henri Christophe) Agone
  • Troisième nuit de Walpurgis (traduction par Pierre Deshusses) Agone
  • Dits et contredits (aphorismes) (traduction par Roger Lewinter) Editions Ivréa

Autres ouvrages :

  • Jacques Le Rider Karl Kraus Seuil
  • Jacques Bouveresse Les premiers jours de l’inhumanité. Karl Kraus et la guerre Hors d'Atteinte
  • Georges Banu Une lumière au cœur de la nuit. Le lustre, de l’intime à la scène Arléa
  • Georges Banu Amour et désamour du théâtre Actes Sud
Kar Kraus
Kar Kraus
© Getty

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.