Action de l'organisation Extinction Rébellion à Meudon dans l'ouest parisien pour s'opposer à la bétonisation d'un poumon vert de la ville.
Action de l'organisation Extinction Rébellion à Meudon dans l'ouest parisien pour s'opposer à la bétonisation d'un poumon vert de la ville. ©Radio France - Matthieu Mondoloni
Action de l'organisation Extinction Rébellion à Meudon dans l'ouest parisien pour s'opposer à la bétonisation d'un poumon vert de la ville. ©Radio France - Matthieu Mondoloni
Action de l'organisation Extinction Rébellion à Meudon dans l'ouest parisien pour s'opposer à la bétonisation d'un poumon vert de la ville. ©Radio France - Matthieu Mondoloni
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Après un été marqué par des catastrophes climatiques en cascade, de nombreux militants écologistes estiment que leurs actions doivent être plus visibles, quitte à choisir des modes d'actions plus radicaux.

C'est l'une des images qui illustrent ce nouveau militantisme écologiste : Alizée, 23 ans, militante de Dernière Rénovation, s’attache par le coup au filet du court central en pleine demi-finale de Roland-Garros. Elle porte un tee-shirt blanc sur lequel est écrit “il nous reste 1028 jours”, ce qui sous-entend qu'après notre planète sera invivable. Après ce délai, il n'y aura pas de retour en arrière.

Alizée a fait 40 heures de garde à vue. Elle ne regrette rien de son action coup de poing, qui s’inscrit dans une démarche qui tend vers plus de radicalité. Face à l’inaction des pouvoirs publics, face à l’urgence climatique, la bonne vieille marche ou la consensuelle manifestation ne semblent plus d’époque.

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La radicalité n’est plus une option pour bon nombre de militants écologistes.

Cet été, en France mais aussi un peu partout en Europe, on a pu voir des actions de désobéissance civile, de sabotage aussi, parfois de dégradations comme on a pu le voir sur certains golfs, accusés de gaspiller l’eau en pleine sécheresse estivale. Ce type nouveau d’action interroge, au point où certains opposants s’inquiètent d’y déceler les prémices de mouvements extrémistes, voire d’un éco fascisme.

Tous ces militants mettent en avant le peu de temps qu'il reste à notre planète avant que la vie n'y soit quasi impossible. Les plus extrêmes réclament la fin du capitalisme et la consommation à tout crin qui caractérise notre société, incompatibles selon eux avec les enjeux climatiques.

Ces actions illégales sont souvent vues comme des actes commis par des "khmers verts" selon les termes de leurs opposants, qui redoutent l'émergence d'un écofascisme. Les policiers et sources renseignements s'inquiètent aussi de cette nouvelle radicalité.

Reportage Matthieu Mondoloni

Prise de sons : Gilles Gallinaro, Nicolas Mathias, Morgane Dahan, Thomas Robine, Raymond Albouy

Réalisation Jérôme Chelius avec l’assistance de Martine Meyssonnier

Mixage : Valérie Lavallard

POUR ALLER PLUS LOIN :

La désobéissance civile, un outil puissant pour une lutte non-violente, Joséphine Maunier, We Demain, 29/08/2022

Les écologistes radicaux vont-ils prendre le pouvoir pour sauver la planète ?, La Nouvelle République, 22/01/2022

Extinction Rebellion : pratiques et motivations de l’activisme écologiste radical, Hervé Brunon, Métropolitiques, 27/09/2021

Les écologistes tentés par l’action directe, Claire Lecoeuvre, Le Monde diplomatique, novembre 2019

Les mouvements écolos en France : sont-ils radicaux ?, Carenews Info, 06/06/2019

Sauvez la planète, tuez-vous !, Max Manz, Usbek & Rica, 22/07/2016