Mae West, 1936
Mae West, 1936 ©Getty - John Kobal Foundation / Contributeur
Mae West, 1936 ©Getty - John Kobal Foundation / Contributeur
Mae West, 1936 ©Getty - John Kobal Foundation / Contributeur
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Coup de projecteur sur l'une des stars les plus sulfureuses des années 1930, figure de l'émancipation féminine, elle a bouleversé les codes traditionnels d'Hollywood. La vedette représentait un vrai modèle de liberté au cinéma, dont le style a occasionné bien des scandales à l'époque.

« C’est un pistolet dans votre poche, ou vous êtes juste content de me voir ? ».

Mae West naît en 1892 à Brooklyn, et monte sur les planches à 5 ans. À quatorze ans, elle rejoint une compagnie de vaudeville sous le nom de « baby Mae », et s’essaye à différents types de personnages, y compris masculins. En 1918, dans une revue, elle popularise le shimmy, une danse où tu remues de partout.

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Mais elle a envie de rôles à sa mesure, alors elle décide de les écrire elle-même : et comment s’appelle sa première pièce ? Sexe. Comme ça c’est clair. À travers l’histoire d’une prostituée ambitieuse, elle démonte la mécanique des rapports entre sexe et argent, et nous sommes en 1926 !

Réalisant la fascination des spectateurs hétérosexuels pour l’univers gay et drag queen, elle monte rapidement une nouvelle pièce nommée « The Drag ». Elle recrute une cinquantaine de drag queens à Greenwich Village dans les bars et clubs clandestins vendant de l’alcool durant la prohibition. Le spectacle se rôde dans le New Jersey, mais les puritains veulent à tout prix empêcher cette nouvelle pièce de Mae d’arriver à Broadway, et finissent par faire inculper Mae West pour “obscénité” et “corruption de la jeunesse”. Quand elle est arrêtée, elle répond au journaliste qui lui demande ce qui va lui arriver :

« Je suppose que ceci va m’apporter le succès ». Elle fera huit jours de prison.

Mae West remarque cependant que la majorité de son public est masculin et se demande comment attirer les spectatrices. En 1928, Mae West présente « Diamond Lil », où elle invente son grand personnage : la femme sexy et sensuelle au… second degré. Au début des années 30, Hollywood va mal. Les studios Paramount, sont au bord de la faillite, et ils pensent à qui pour redresser la barre ? Mae West la sulfureuse. Au producteur, elle impose de pouvoir écrire son propre texte, de créer ses costumes, et quand il lui demande combien elle veut gagner, elle répond :

Combien gagnez-vous ? Eh bien je veux un dollar de plus.

La voilà sex symbol de cinéma alors qu’elle a quarante ans. Femme puissante et repéreuse de de jeunes talents… Comme un certain jeune homme de Cary Grant, qu’elle fait embaucher pour tenir le premier rôle masculin dans « Lady Lou », l’adaptation de sa pièce « Diamond Lil ».

Elle s’efforce d’inclure des femmes noires dans ses films et les crédite au générique. Pour le film « Ce n’est pas un péché », elle insiste auprès des studios pour engager Duke Ellington et son orchestre.

L’ennemie de toutes les censures !

En 1934, c’est la tuile : voici le code Hays censé contrôler le sexe à l’écran. Du coup, les scénarios de la bombe anti patriarcale sont passés à la loupe par messieurs les censeurs. Que fait-elle : elle ajoute du cul partout, ils ne savent plus où donner de la tête, et ils laissent passer les sous entendus auxquels Mae tient vraiment.

À 50 ans, Mae quitte Hollywood et se rend à Las Vegas où elle réalise que le public féminin n’a pas grand chose à se mettre sous la dent puisqu’il y a surtout des strip-teaseuses pour ces messieurs. Allez hop, elle monte un show avec des hommes musclés et dénudés, pour les femmes, et dont elle est la meneuse de revue. Triomphe !

Regardez des films de Mae west : elle reste un exemple de liberté aujourd’hui, à la fois féministe et icône gay avec sa démarche chaloupée volontairement caricaturale. Une gonzesse incroyable qui disait :

"On ne vit qu’une seule fois, mais si on le fait correctement, une seule fois suffit".

L'équipe

Guillemette Odicino
Guillemette Odicino