"Soyons des jaguars" & "Le goût de la vie"

Couvertures des livres jeunesse "Soyons des jaguars" & "Le goût de la vie"
Couvertures des livres jeunesse "Soyons des jaguars" & "Le goût de la vie" - Éditions L'École des Loisirs / Éditions Père Castor
Couvertures des livres jeunesse "Soyons des jaguars" & "Le goût de la vie" - Éditions L'École des Loisirs / Éditions Père Castor
Couvertures des livres jeunesse "Soyons des jaguars" & "Le goût de la vie" - Éditions L'École des Loisirs / Éditions Père Castor
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Un vent de liberté souffle sur la 1ère histoire, lorsque la 2ème aborde les questions si essentielles de la vie et de la mort...

"Soyons des jaguars", de Dave Eggers et Woodrow White

Quand une mamie rend visite à ses petits-enfants, c'est toujours une fête. Mais parfois, la timidité prend le dessus.

Ma grand-mère est venue me rendre visite. C'est la deuxième fois que je la vois. Elle habite loin.

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Ses cheveux sont très blancs et très, très longs.

Mes parents s'en vont et nous restons seuls. Ma grand-mère s'agenouille sur le tapis et grogne :

"Soyons des jaguars", dit-elle.

Etre un jaguar n'est pas anodin et demande de s'appliquer pour être le plus félin possible :

“Non, plus mince. Bien. Plus rapide, maintenant. (…) Et plus féroce.”

Nous parcourons la pelouse et, au fond de l'impasse, nous glissons dans les bois.

Je suis déjà entré plusieurs fois dans ces bois, mais je ne les ai jamais traversés. Notre héros goûte à un nouveau sentiment de liberté.

Mais la promenade prend une drôle de tournure.

Lorsque nous croisons un lapin, ma grand-mère l'attrape, le dévore et m'en propose un morceau.

Je n'ai pas envie de manger du lapin cru, alors je réponds que je suis allergique. L'instinct sauvage semble s'emparer de ce duo insolite.

Les deux jaguars traversent des lacs scintillants, courent à travers les plaines et les montagnes. Rien ne semble pouvoir leur résister.

Nous sommes quelque part dans l'Himalaya quand, soudain, je me rappelle que j'ai école. Et alors il faut rentrer.

Nous revenons sur nos pas, lestes, rapides et féroces.

Qui sait combien de temps j'ai manqué l'école ? Mais ce n'est pas grave, ma grand-mère m'a fait un mot.

Quand l'étrangeté rime avec une étonnante liberté, « Soyons des jaguars » est un album qui invite au lâcher prise.

Le livre ne cesse de suspendre nos attentes et de défier le sens commun. Il brouille les pistes entre le fantasme et la réalité, jusqu'à parfois se révéler perturbant.

C’est une échappatoire au réel audacieux et déstabilisant, mais dont on ressort en joie, parcouru par une profonde jubilation !

"Soyons des jaguars", de Dave Eggers et Woodrow White, Editions L'école des loisirs / A partir de 4 ans

"Le goût de la vie", de Chiara Pastorini et Annick Masson

Marcello est un petit garçon heureux avec sa Maman, séparée de son Papa, Pablo, et Michette son lapin qui se cache partout.

Mais un matin au petit déjeuner :

“Maman, je t’aime très fort et j’ai peur qu’un jour tu ne sois plus là.”

Elle manque de laisser tomber sa petite cuillère et lui murmure en le serrant :

“Moi aussi, je t’aime très fort mon chéri.”

Les journées s’écoulent joueuses, écolières, heureuses mais dans ce train-train quotidien quelque chose a changé.

Un dimanche matin, Marcello a du mal à se lever. La voix de sa mère qui l’appelle résonne comme un écho venant d’un rêve plus profond que la mer.

Il est tristounet, vraiment, ne peut rien avaler.

“Je repense toujours à ça.”

“Ça … quoi ?”

“J’ai peur qu’un jour tu meures”, s’écrie-t-il presque au bord des larmes.

Elle lui explique qu’un jour elle mourra, ça fait partie de la vie, tout le monde meurt.

“Pense à notre tilleul, ses feuilles sont pleines de vie puis elles se sont détachées, meurent et se transforment pour nourrir l’arbre autrement … dans notre cas c’est un peu pareil.”

Elle le rassure  :

“Je suis en pleine forme. Ce sera bien bien plus tard, tu auras toi-même des enfants.”

“Tu veux dire que la vie passe d’une personne à l’autre jusqu’à l’infini ?”

“En un certain sens.”

Et son petit cœur se dénoue…

Ces questions spontanées qui tuent arrivent vers 4-5 ans ; les parents ne savent pas bien quoi répondre, surtout dans une société qui glisse la mort sous le tapis.

Aborder les questions profondes autour du sens de la vie, parler de philosophie sans en avoir l’air est l’ambition de cette nouvelle collection “Les petites lumières”.

"Le goût de la vie", de Chiara Pastorini et Annick Masson, Père Castor / De 3 à 6 ans

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