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Certains mettent, déjà, son initiative sur le compte de sa culture anglophone (elle a vécu, longtemps, aux Etats-Unis), une culture anglo-saxone où on aime mêler les mots (les contracter) pour inventer de nouveaux concepts. Mais, on pourrait aussi mettre cette invention linguistique sur le compte d'une certaine habileté politique qui permet à la ministre d'éviter de répondre à la question qui fâche, en ce moment. Hier donc, Christine Lagarde, invitée des Rencontres du Cercle des économistes, à Aix-en-Provence, a expliqué que le gouvernement français appliquait, en ce moment, une politique ni complètement de rigueur, ni complémentement de relance. "Relance et rigueur, ce n'est pas un choix" a, d'ailleurs, affirmé la ministre devant un parterre d'économistes (sans doute, un peu médusés), avant de lâcher, donc, sa petite "bombe conceptuelle": l'heure, aujourd'hui en France, est à la "rilance", un subtile dosage entre rigueur et relance. Pas sûr que ce concept soit, un jour, enseigné dans les facs d'économies. En revance, au collège ou au lycée: ça permettra, au moins, aux profs de français d'expliquer ce qu'est un oxymore. L'association de 2 choses parfaitement contradictoires. On notera, au passage, que la ministre (et peut-être le conseiller en communication qui l'a aidé à écrire son texte) n'a pas choisi l'autre contraction possible: la re-gueur. Ce n'est, sans doute, pas un hasard puisque Christine Lagarde a, semble-t-il, beaucoup plus insisté, dans son discours, sur le volet "relance" que sur la partie "rigueur". En tout cas, voilà la définition de la "rilance", selon Christine Lagarde. Ca consiste à réduire la dépense publique là où ce sera le moins douloureux, dans la perspective d'une relance de l'activité économique". Dans ce "dosage subtil", on trouve donc, côté relance: la réforme de la taxe professionnelle (qui baisse les charges payées par les entreprises), le maintien du "Crédit Impôt-Recheche" (dans lequel, pourtant, un grand nombre de parlementaires aimeraient tailler). Enfin, toujours selon Christine Lagarde, la relance, passe aussi par le plan du même nom. Du plan de relance géré par Patrick Devedjian, il reste 4 milliards à dépenser: "nous les dépenserons" a affirmé la ministre. Sur le volet "rigueur" de la politique menée, Christine Lagarde n'a pas dit grand chose, mais elle confirme les "coupes" budgétaires à venir. Et y met aussi, la grande réforme de fond, qui fait faire des économies! la réforme des retraites! BP est à la recherche d'un nouvel actionnaire! La marée noire, dans le Golfe du Mexique, commence à coûter très, très cher à la compagnie pétrolière: le coût du nettoyage explose, comme les demandes d'indemnisations. Alors que la fuite, elle, n'est toujours pas sous contrôle. On parle, désormais, d'une facture globale de 60 milliards de dollars. En bourse, BP a perdu la moitié de sa valeur. Pour se prémunir contre toute tentative d'OPA hostile, le pétrolier serait, donc, à la recherche d'un actionnaire stratégique. BP serait prêt à céder 5 à 10% de son capital, selon la presse économique. Des fonds souverains du Moyen-Orient auraient été sollicités. 100 milliards. En 10 ans, l'Etat s'est privé de 100 milliards de recettes fiscales. L'évaluation barre la Une des Echos, ce matin. Elle est signée du rapporteur UMP du budget, Gilles Carrez. Qui réclame 15 milliards d'économies sur les niches fiscales, dès l'année prochaine. Des clients... et des salariés. Stéphane Richard, le patron de France Telecom/Orange, dévoile aujourd'hui, son plan stratégique pour les 5 années à venir. Il s'appelle "Conquêtes 2015", et vise à passer de 200 à 300 millions, le nombre de clients d'Orange, à travers le monde. Stéphane Richard promet aussi de répondre au malaise social qui "mine" l'entreprise, en mettant en place une nouvelle "Charte du management", au sein de France Telecom.

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