En économie le bout du tunnel est plus lointain que prévu
En économie le bout du tunnel est plus lointain que prévu
En économie le bout du tunnel est plus lointain que prévu ©Getty -  Andriy Onufriyenko
En économie le bout du tunnel est plus lointain que prévu ©Getty - Andriy Onufriyenko
En économie le bout du tunnel est plus lointain que prévu ©Getty - Andriy Onufriyenko
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Résumé

Le stop & go permanent sur les annonces et les mesures sanitaires compliquent forcément le retour à la normale économique. L'entrée en vigueur du plan de relance est une piste. L'accélération de la vaccination avec des incitations à se faire piquer en est une autre.

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En janvier, l’espoir était celui d’une croissance de 6% cette année – avec un gros gros rebond après la chute abyssale de 2020. 

Il y a trois semaines, quand les commerces ont refermé, Bercy s’est recalé sur 5%. 

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Est-ce encore jouable aujourd’hui ? 

Disons que cela se tend. Pourquoi ? Le paysage est différent de celui que l’on attendait : le bout du tunnel est en vue, mais le tunnel est plus long que prévu. 

1 - Du côté sanitaire, qui conditionne nos vies concrètes et aussi la vie économique, c’est le stop & go permanent, et il va durer encore plusieurs semaines. 

Or, pour prendre un premier exemple, l’activité touristique de cet été, c’est maintenant qu’elle se joue, avec les réservations. 

Autre exemple : on parle énormément de l’ouverture des terrasses de café-restaurant, mais cela ne concerne qu’un café-restaurant sur quatre. 

2 - Sur le plan strictement médical aussi, on voit bien que la plus grande prudence demeure : hier, il y a eu 30.000 cas de Covid-19 relevés en France – contre 2.700 au Royaume-Uni ; hier, il y a eu 325 décès à l’hôpital en France – contre 17 au Royaume-Uni. 

Bref, le scénario d’une Libération (avec un grand L) de l’économie d’ici l’été, Libération un peu comme le 8 mai 1945, n’est plus le scénario le plus probable – hélas. 

Mais comment faire ?

1 - La France, comme plusieurs pays européens, va transmettre aujourd’hui à Bruxelles son plan de relance – pour recevoir 40 milliards d’euros de l’Union. Le document fait 727 pages. 

C'est bon pour la croissance, mais encore faut-il que ce plan européen entre en vigueur. Dans Les Echos ce matin, le ministre Clément Beaune annonce que Paris proposera que l’Europe adopte un second plan de relance en 2022. 

2 - Sur le terrain intérieur maintenant, la seule solution est d’accélérer encore la vaccination.

Cela va vite (près de 15 millions de Français ont reçu au moins une dose), mais on constate qu’il y a des créneaux de vaccination difficiles à remplir (notons ce mercredi matin que Doctolib, qui gère une partie importante des rendez-vous, dément cette difficulté évoquée par CovidTracker), que 67% seulement des plus de 70 ans hors EHPAD sont vaccinés et que 73% seulement des doses d’AstraZeneca sont utilisés. 

En économie, on dit que dans ce cas, il faut soutenir la demande (de vaccins).

Comment ? 

En élargissant le nombre de consommateurs : en l'occurrence les personnes éligibles. Et en créant des incitations, par exemple des privilèges visibles pour les Français vaccinés. C’est discriminatoire, dit-on. Oui. Mais c’est maintenant que nous jouons tous notre été et notre automne.

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L'équipe

Dominique Seux
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