Siège de la RATP à Paris ©Maxppp - Christophe Morin
Siège de la RATP à Paris ©Maxppp - Christophe Morin
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Résumé

Des syndicats du RER se réjouissent de la pagaille à laquelle ils ont contribué samedi dernier au Stade de France et appellent à la grève ce vendredi pou le France-Danemark. Pendant ce temps, un accord social innovant a été signé entre la direction de la RATP et les cadres.

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Le Collectif Conduite RER, qui émane de la CGT, de l’Unsa et (je cite) de La Base (avec un grand B) de la RATP, appelle à une nouvelle grève demain, à l’occasion du match France-Danemark prévu au Stade de France.

Ce qui est remarquable (au sens de ce qui doit être remarqué …), ce qui est remarquable est que c’est la seule organisation qui s’est publiquement réjouie du cafouillage humiliant pour la France de samedi dernier.

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Cela vaut la peine de citer le communiqué publié mardi : « La réussite de la grève lors de la finale de la Champions League donne un rapport de force concret aux organisations syndicales. Le fiasco du 28 mai a engendré une médiatisation mondiale et la direction porte l'entière responsabilité des problèmes d'acheminements des supporteurs au Stade de France » (fin de citation).

Et donc, rebelote demain. Bon, il existe des discussions techniques pour savoir dans quelle mesure la grève sur la ligne B du RER et le déport des passagers vers la ligne D ont eu une responsabilité dans la pagaille générale.

Mais ce qui est incontestable est le cynisme absolu de ce Collectif de conduite, indifférent à ce qui l’entoure et donne une image désastreuse du collectif RATP. Et une question se pose : dans quelle mesure les syndicats de l’entreprise assument-ils ce type de comportement ou sont-ils débordés sur un terrain spécifique, le RER … ?

Pourquoi cette question ?

Parce qu’au même moment ou presque, mardi soir, des représentants de l’UNSA, avec ceux de la CFE-CGC, ont signé (selon nos informations), un accord social important avec la direction – un accord qui ne porte pas du tout la marque du jusqu’au boutisme, mais plutôt de la négociation et du donnant-donnant. Cet accord concerne rien moins que les 12.000 cadres, agents de maîtrise et techniciens supérieurs de l’entreprise.

Il modifie les conditions d’augmentation des salaires, qui ne se feront plus à l’ancienneté pour les cadres, et il accentue l’individualisation des rémunérations en fonction des résultats personnels. Il facilite les primes individuelles et spécifie que les syndicats n’auront plus accès aux augmentations individuelles de chaque salarié -qui aujourd'hui sont parfois affichées dans les couloirs !

Bref, c’est une petite révolution à mettre au crédit de Catherine Guillouard, la patronne de la RATP, patronne qui dirige donc une entreprise à deux vitesses dont les usagers attendent que les rails soient partout remis (si j’ose dire) d’équerre.

Références

L'équipe

Dominique Seux
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