Bernard Tapie en 1987
Bernard Tapie en 1987 ©Getty - Eric Fougere - Corbis
Bernard Tapie en 1987 ©Getty - Eric Fougere - Corbis
Bernard Tapie en 1987 ©Getty - Eric Fougere - Corbis
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Que faut-il retenir de l'activité entrepreneuriale de Bernard Tapie ? C'est davantage un faiseur de deals qu'un entrepreneur innovateur ou industrieux. Mais son énergie et son origine sociale modeste l'ont rendu très populaire.

Avec
  • Comme avec le cholestérol, il y avait le bon Bernard Tapie et le mauvais Bernard Tapie. le mo

Le bon, c’est une personnalité exceptionnelle, drôle, qui parle comme les Tontons Flingueurs et qui affronte Jean-Marie Le Pen et Eric Zemmour. Le mauvais Tapie, c’est un homme peu scrupuleux qui a passé une partie de sa vie devant les tribunaux.

Mais, en économie, qu’est-ce qui l’emporte, le bon, ou le mauvais Tapie ? 

Pour répondre, il faut se voir quel sorte d’entrepreneur il était. Il y a trois types de patrons.

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  • Il y a ceux qui innovent ;
  • il y a ceux qui sont des industriels industrieux – qui développent patiemment et continument leur affaire ;
  • et il y a ceux qui font des « coups », des deals. 
  • Evidemment, Bernard Tapie appartenait à cette dernière catégorie, disons à 80%, et pour 10% seulement à chacune des deux autres, l’innovation et l’art de l’exécution, qui l’intéressaient moins.

Ce n'est pas vrai de dire qu’il n’avait qu’un objectif en achetant des sociétés (une bonne quarantaine au total), c’était de les revendre le plus vite possible, avec une grosse plus-value.

Il a gardé presque 15 ans l’entreprise de pesage Terraillon, il a relancé les skis Look (grâce à la pédale autobloquante de Bernard Hinault) et il a eu du nez avec les piles Wonder. 

Mais il a vu trop grand avec Adidas, qu’il n’a pas redressé et il a roulé / et s’est fait rouler par le Crédit Lyonnais. 

Au total, il n’aura laissé son nom à aucune grande ou petite œuvre économique ou industrielle

En économie, sa trace est donc ailleurs : elle est triple. 

  • Un : alors, que l’impression est souvent qu’il faut être bien né (c’est-à-dire hériter) ou avoir fait les grandes écoles de la République pour exister dans la sphère économique, Bernard Tapie a existé par lui-même et la force de son audace. 
  • Deux : il a porté l’idée, dans la France des années1980 et 1990, que les mots de réussite économique et financière, ou d'argent, ne sont pas des gros mots. 30 ans après, quand on voit les critiques ridicules adressées à Emmanuel Macron pour avoir souhaité que des jeunes aient envie de devenir milliardaire (des jeunes, pas les jeunes), quand on voit çà, on se dit que cette bataille n’est pas gagnée.
  • Trois, et enfin, et c’est tellement évident que ce n’est pas la peine de s’y appesantir, Bernard Tapie a incarné l’envie de toujours se relever après être tombé. Une valeur utile en entreprise, et naturellement au-delà.