Vente de 80 Rafale aux Emirats Arabes Unis ©Getty - Sonu Mehta/Hindustan Times
Vente de 80 Rafale aux Emirats Arabes Unis ©Getty - Sonu Mehta/Hindustan Times
Vente de 80 Rafale aux Emirats Arabes Unis ©Getty - Sonu Mehta/Hindustan Times
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Résumé

La vente de 80 Rafale à Abu Dhabi est indiscutablement une bonne nouvelle pour l’industrie militaire française. C'est en Europe que c'est en revanche plus difficile, OTAN oblige.

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C’est indiscutablement une bonne nouvelle pour l’industrie militaire française. Beaucoup de filières sont actuellement confrontées à des vents mauvais ou disons difficiles :

  • l’industrie pharmaceutique, en échec contre le Covid ;
  • le secteur automobile, qui doit faire une transition coûteuse vers l’électrique ; 
  • le nucléaire, qui attend toujours que les EPR marchent en Europe ; 
  • l’agro-alimentaire, soumis à forte concurrence ; 
  • le spatial, bousculé par Elon Musk ...

Ce contrat de 80 Rafale, qui en suit d’autres, en Egypte, en Grèce, en Croatie, ce contrat est un succès économique 

14 voire 16 milliards d’euros, il n’y a pas beaucoup de précédents dans les exportations industrielles tricolores. Naturellement, on préférerait que l’industrie de défense n’existe pas ; et naturellement on préférerait vendre des matériels à des pays bien sous tous rapports – Pierre Haski a dit vendredi matin ce que peut inspirer le déplacement d’Emmanuel Macron en Arabie saoudite.    

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Quoi qu’il en soit, cette vente va fournir du travail à des milliers de salariés pendant des années : un Rafale est composé de 300.000 pièces fabriquées à 90% en France, nous disent les industriels, et 7.000 personnes hautement qualifiées vont participer à ce chantier.

Dassault est le maître- d’œuvre mais il n’est pas le seul groupe concerné, il y a Thalès, les missiles de MBDA, les moteurs de Safran, il y a des PME familiales comme Ametra et Realmetra – au total ce sont 400 entreprises qui contribueraient à l’opération. Surtout, c’est un domaine de haute technologie et cela veut dire que les spécialistes français sont reconnus comme compétitifs, face aux Américains, pour l’aviation de chasse. 

Après un démarrage lent, le Rafale a trouvé son marché -on en est déjà à la 4ème version modernisée : entre les ventes à l’armée française (192 avions commandés) et les exportations, le compteur affiche 430 exemplaires.

Ce sont les clients européens qui manquent …

La Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni ont acheté le concurrent du Rafale, le F35 américain de Lockheed Martin, qui se rapproche du millier d’exemplaires exportés (contre 240 pour la Rafale). 

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Certains experts estiment que 500 F35 pourraient voler au sein des armées européennes en 2035 … au moment où le SCAF européen s’approchera de la piste d’envol. Bien évidemment, il ne faut pas être dupe : les Américains considèrent que l’achat par les Européens de leur avion est la contrepartie obligatoire à leur protection via l’OTAN.