Les candidats ont enfin donné des données chiffrées
Les candidats ont enfin donné des données chiffrées ©Getty - Martin Barraud
Les candidats ont enfin donné des données chiffrées ©Getty - Martin Barraud
Les candidats ont enfin donné des données chiffrées ©Getty - Martin Barraud
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Les candidats clarifient presque tous leurs projets sur le plan financier. C'est utile - même si l'attention de l'opinion est faible sur les finances publiques.

Depuis des mois on a eu des propositions des principaux candidats, mais on était bien en peine de savoir si elles rentraient toutes dans la boîte à chaussures de ce qui est possible. Ces dernières heures, Jean-Luc Mélenchon, Eric Zemmour et Valérie Pécresse ont détaillé et chiffré leur projet.

Emmanuel Macron tiendra une conférence de presse jeudi

Seule Marine Le Pen, parmi les candidats les mieux placés, s’en est abstenu. Est-ce important de le faire ? C’est vrai qu’après deux ans de quoi qu’il en coûte et des taux d’intérêt réels qui vont rester négatifs un bout de temps encore avec le retour de l’inflation, c’est vrai que l’intérêt pour les finances publiques s’est émoussé. On rappelle tout de même que la dette publique, qui se rapproche des 3.000 milliards d’euros, a grimpé de ... 1.000 milliards en dix ans. C’est supersonique !

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Alors, quand on regarde les projets, que voit-on ?

Mélenchon est de très loin le plus ambitieux, avec 250 milliards d’euros de dépenses nouvelles, en face desquelles il compte surtout sur un surcroît de « consommation populaire » (sic) pour remplir les caisses. Curieusement, il a oublié de chiffrer le coût du retour de l’âge de la retraite à 60 ans – c’est trop bête.

Zemmour est le plus serré dans son budget, 60 milliards d’euros de dépenses nouvelles, mais aussi le plus vague sur les recettes, la principale étant la lutte contre les gaspillages, la bureaucratie, les fraudes (ben voyons), le reste sur les prestations sociales des étrangers. Pécresse est la seule à afficher deux fois plus d’économies que de dépenses nouvelles. C’est courageux – mais dans les deux sens du terme.

Enfin, Macron a déjà mis sur la table sa principale mesure d’économie, la retraite à 65 ans. Cela ne suffira pas à ramener le déficit public au niveau allemand, çà c’est sûr. C’est de toutes façons un exercice compliqué pour les candidats … Souvenez-vous du mot du critique George Bernard Shaw à qui un jeune dramaturge demande son avis après la première de sa pièce. Je cite Shaw.

"Dans votre œuvre, jeune homme, il y a du neuf et de l’excellent

Le problème est que le neuf n’est pas excellent et que l’excellent n’est pas très neuf !" C’est toute la difficulté de la présidentielle : les observateurs et l’opinion exigent des choses contradictoires : du neuf, du souffle mais aussi du précis, du solide et des surprises, du verbe mais aussi des chiffres. C'est vrai, c'est compliqué !