Faudra-t-il couper le gaz ?
Faudra-t-il couper le gaz ? ©Getty - Dmitry Feoktistov
Faudra-t-il couper le gaz ? ©Getty - Dmitry Feoktistov
Faudra-t-il couper le gaz ? ©Getty - Dmitry Feoktistov
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Un embargo européen sur le gaz russe n'est pas l'hypothèse la plus probable, mais elle ne peut pas être exclue à 100% : les livraisons de matières premières venues de Moscou rapportent 700 millions d'euros par jour à Vladimir Poutine.

La question d’une coupure du gaz et du pétrole russes va se poser un jour ou l’autre

En réalité, il est étrange que cette hypothèse, ce scénario, ne soient pas envisagés (publiquement en tous cas), alors qu’une coupure du gaz et du pétrole russes est possible -soit en cas d’embargo décidé par les Occidentaux soit en cas de fermeture des robinets par Vladimir Poutine.

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On répète matin midi et soir que l’Europe est dépendante des livraisons russes, mais on ne peut pas exclure qu’un jour, les Européens se disent : c’est quand même un problème d’envoyer tous les jours de l’argent à Vladimir Poutine alors que, par ailleurs, on prétend vouloir asphyxier l’économie russe.

De son côté, Moscou peut aussi vouloir utiliser un jour cette arme du froid.

Alors, de quoi parle-t-on ? Hier, selon les calculs de l’agence financière Bloomberg, la Russie a livré à l’Europe 300 millions de m3 de gaz.

Chaque jour ou presque, les pays de l’Union européenne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis achètent pour environ 700 millions de dollars de pétrole, de gaz, d’aluminium, de charbon, de nickel, de titane à la Russie -et lui envoient de l'argent.

Chaque jour. Faites le calcul sur une année.

Il n’est donc pas du tout aberrant de se poser la question : est-ce logique ?

Mais de ce gaz, peut-on s’en passer ?

La France sans doute, qui ne dépend qu’à 17% du gaz russe, contre 36% pour le gaz norvégien : avec les réserves, l’hiver peut être passé.

Mais d’autres pays sont nettement plus dépendants, l’Italie et l’Allemagne, et aussi les ex-pays de l’Est, qui parfois dépendent à 100% du gaz russe.

Une analyse du centre européen Bruegel estime malgré tout qu’avec un peu de solidarité, l’Europe pourrait traverser l’hiver prochain en faisant davantage appel à d’autres pays (l’Algérie par exemple) et en important davantage de gaz naturel liquéfié (le GNL).

Mais la consommation de gaz devrait être réduite de 10 à 15% - en clair, il faudrait se chauffer un peu moins

C’est évidemment un scénario avec beaucoup d’inconnues parce qu’il faudrait 1- que l’on trouve du GNL sur le marché (l’Allemagne vient d’annoncer la construction de deux terminaux pour accueillir des bateaux) et 2- il faudrait des interconnexions des gazoducs entre pays européens qui n’existent pas forcément.

Certains pays parlent du coup de rouvrir des centrales à charbon, de prolonger le nucléaire et d'accélérer sur les renouvelables.

Dans tous les cas, c’est l'ensemble du modèle énergétique de l’Europe et de ses dépendances qui va être revu, et il est clair que les choix faits jusqu'à présent par Rome et Berlin dans ce domaine freinent la capacité à sanctionner Moscou.