L'hôpital manque de moyens malgré les dépenses du pays pour la santé ©Getty - Eric Audras
L'hôpital manque de moyens malgré les dépenses du pays pour la santé ©Getty - Eric Audras
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Résumé

Le paradoxe est total entre les difficultés (très réelles) du système de santé et les moyens (très importants) mis en œuvre.

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C’est un grand paradoxe de la période que nous vivons. Le système de santé, et notamment l’hôpital, souffrent dans cette pandémie, et ce n'est d'ailleurs pas nouveau : les soignants le disent, les soignants l’écrivent, les soignants le crient dès qu’on leur tend un micro.

Et pourtant, la Cour des comptes le rappelait hier, la France est un des pays qui dépensent le plus dans ce domaine

En Europe, elle est 3ème, seules l’Allemagne et la Suisse y consacrent plus d’argent (en % du PIB)  ; dans le monde développé, la France est 4ème, il faut juste rajouter les Etats-Unis tout devant – parce que les prix des soins sont bien plus élevés. Bref, c’est un mystère !

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Alors, comment l’expliquer ? En épluchant la Cour des comptes et l’OCDE, on a quelques réponses – mais quelques seulement. 

  • Un : trop de monde va à l’hôpital, une personne sur cinq (une personne sur cinq !) qui va aux urgences aurait pu, aurait dû, être traité en médecine de ville, mais il n’y a pas assez de médecins et ils ne sont plus obligés de faire des permanences. 
  • Deux : la tarification excessive à l’acte a poussé les praticiens à les multiplier, la dépense a grossi, c’est un échec.
  • Trois : certains postes sont mal contrôlés, on cite les transports par ambulance et par taxi, et on cite les arrêts maladie.
  • Quatre : à l’hôpital il y a à la fois des postes d’infirmières budgétés mais non pourvus parce que les salaires sont trop faibles (le Ségur est en train de changer cela), et il y a davantage de postes de non-soignants que dans d’autres pays - en clair de la bureaucratie (34% en France contre 22% en Allemagne, cette donnée doit toutefois être prise avec de grosses pincettes).
  • Tout cela, cela fait beaucoup. 
  • Et on peut ajouter autre chose, politiquement très incorrect. La France est le pays où ce que le patient paie de sa poche lui-même, directement, est le plus faible (le reste à charge), c’est la collectivité qui finance tout, la bobologie et un système d’affections de longue durée très large ; et donc il reste moins d’argent pour le système de santé lui-même. 

Mais on n'a pas toutes les réponses ? 

Notamment celle-ci : dans un pays qui vieillit et plus exigeant sur sa santé, quel est le bon niveau des dépenses de santé ? 

Dans les années 50, la France y consacrait 2% de sa richesse annuelle (son PIB), puis 6% dans les années 80, 8% en 2000, davantage aujourd’hui …

Entre deux culs de sac, le guichet grand ouvert et la planification soviétique, le système de santé navigue à vue. Mais force est de constater qu’il est regardé avec envie partout dans le monde, et donc il n’est pas si nul que çà.

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Dominique Seux
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