La CFDT confirme sa place de premier syndicat de France. ©Getty -  Robert DEYRAIL
La CFDT confirme sa place de premier syndicat de France. ©Getty - Robert DEYRAIL
La CFDT confirme sa place de premier syndicat de France. ©Getty - Robert DEYRAIL
Publicité
Résumé

Les résultats des élections de représentativité dans le secteur privé publiés mercredi montrent que la CFDT, dans ce collège, creuse l'écart vec la CGT. Les salariés choisissent manifestement le pragmatisme.

En savoir plus

La Confédération creuse l’écart avec la CGT : le basculement historique apparu en 2018 se confirme donc. Les résultats publiés hier concernent le secteur privé, où le syndicat de Laurent Berger a obtenu près de 27% de suffrages, contre 23% à la CGT.

Mais même en tenant compte de leurs poids respectifs chez les fonctionnaires (où la confédération de Philippe Martinez reste en tête), la CFDT est sur la première marche du podium général.

Publicité

Cela veut dire que les salariés français préfèrent la stratégie de négociation concrète, avec des résultats tangibles, qu’une posture qui apparaît ultra-contestataire et idéologique - en tous cas au sommet. 

La question est de savoir si la CGT va connaître au fil des ans, avec 30 ans d’écart, le sort qu’a connu le Parti communiste, un lent déclin. On n’en est pas du tout là, on le vérifie à chaque grand conflit social ; mais l’interrogation stratégique agite forcément la centrale de Montreuil. Avec François Chérèque puis Laurent Berger, la CFDT se positionne aussi sur des sujets sociétaux, comme l’environnement, mais pas seulement. Laurent Berger a ainsi défendu la vaccination.

Mais la participation aux élections est faible...

C’est vrai, moins de 40% dans le secteur privé. Mais je crois que c’est un poncif de dire que c’est un score ridicule – en tous cas dans le climat général actuel de méfiance vis-à-vis des corps intermédiaires. On trouve facilement des élections politiques avec une faible participation, et il faut comparer des choses comparables. L’abstention à la présidentielle, aux législatives est élevée alors qu’on parle de politique matin midi et soir un an à l’avance. Par comparaison, on parle peu voire pas du tout des scrutins de représentativité syndicale.

Que nous dit ce nouveau paysage syndical ?

C’est pour eux un quinquennat difficile. Le mouvement des Gilets Jaunes s’est fait sans eux, et l’Etat social a pris la main à 100% pendant la pandémie.

Emmanuel Macron peut-il en tirer la conclusion qu’il peut reprendre là où il l’avait laissée en février 2020 sa réforme des retraites ? Il en rêve sans doute, mais il trouverait et la CFDT et la CGT sur sa route. 

Références

L'équipe

Dominique Seux
Dominique Seux
Dominique Seux
Production
Dominique Seux
Dominique Seux