Arnaud Lagardère à l'assemblée générale du Groupe Lagardère en mai 2019
Arnaud Lagardère à l'assemblée générale du Groupe Lagardère en mai 2019
Arnaud Lagardère à l'assemblée générale du Groupe Lagardère en mai 2019 ©Maxppp - Vincent Isore
Arnaud Lagardère à l'assemblée générale du Groupe Lagardère en mai 2019 ©Maxppp - Vincent Isore
Arnaud Lagardère à l'assemblée générale du Groupe Lagardère en mai 2019 ©Maxppp - Vincent Isore
Publicité
Résumé

Les grands actionnaires de l'empire Lagardère et Arnaud Lagardère lui-même négocient -difficilement- la fin d'un statut qui protège totalement ce dernier. Tout le monde a en tête l'hypothèse d'un démantèlement des actifs.

En savoir plus

Des grandes manœuvres presque abouties ce week-end (mais pas totalement, tout peut encore capoter !) et qui ont pour résultat d’éloigner élégamment, sans l’humilier, Arnaud Lagardère des commandes réelles du groupe créé par son père, Jean-Luc Lagardère.

Le groupe Lagardère, c’est un groupe à trois branches : l’édition, avec Hachette (et Hachette, c’est Hachette, Fayard, Larousse, JC Lattès, Dunod, Le livre de poche etc.), bref un des tous premiers dans le monde ; ce sont aussi les magasins Relay (avec un y), dans les aéroports et les gares ; ce sont enfin des médias, avec Europe 1, Paris-Match, le JDD. 

Publicité

Avec le confinement, l’activité du groupe a beaucoup baissé, autour de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires

Mais surtout l’empire Lagardère est très endetté auprès des banques. 

En un mot comme en cent, Arnaud Lagardère n’a pas brillé et il a dû appeler des grands investisseurs, Vincent Bolloré, Bernard Arnault, pour résister aux attaques d’un fonds, Amber Capital.

On le sait aussi, Nicolas Sarkozy est un de ses proches et le Qatar est dans le tour de table. Bon, tout est complexe, mais le résultat de ce week-end est simple : un accord a été trouvé pour mettre fin au système juridique dit de commandite qui protégeait totalement Arnaud Lagardère. 

Le groupe devient une société anonyme classique, lui reste le PDG pendant cinq ans (il sauve son poste), mais les actionnaires pourront davantage intervenir, et surtout Vincent Bolloré. 

J’espère avoir été à peu près clair.

Oui, mais tout n’est pas clair pour autant … ! 

La question qui intéresse beaucoup de monde est simplissime : le groupe va-t-il être démantelé ? On sait que Bernard Arnault est intéressé par Paris Match et le JDD, et que Vincent Bolloré est intéressé par Europe 1 – une radio qui perd de l’argent mais qui complèterait son groupe de médias.

Arnaud Lagardère, lui, cherchait à obtenir (cherche encore à obtenir) que tant qu’il est là, il ne se passe rien sur le périmètre du groupe. Hier encore, il y avait une bataille de communication en coulisses, les uns assurant que rien ne se passera pendant cinq ans (pas de démantèlement), que par exemple Europe 1 n'est plus à vendre, les autres que rien n'est en réalité figé. 

On en sera plus aujourd'hui - un communiqué est d'ailleurs tombé en début de matinée pour confirmer les discussions, ndlr.

Ce qui est sûr, c'est que dans le monde des affaires cinq ans est une éternité, et qu'un gel du paysage aussi longtemps est aussi crédible que si j’annonçais que je vais remplacer Thomas Pesquet à partir de demain matin dans la Station spatiale Internationale.

Références

L'équipe

Dominique Seux
Dominique Seux
Dominique Seux
Production
Dominique Seux
Dominique Seux