Environnement : la pression sur les entreprises pétrolières s'accroit ©Getty -  Anton Petrus
Environnement : la pression sur les entreprises pétrolières s'accroit ©Getty - Anton Petrus
Environnement : la pression sur les entreprises pétrolières s'accroit ©Getty - Anton Petrus
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Résumé

Les compagnies pétrolières ont traversé une rude semaine et craignent d'être aussi montrés du doigt que les industriels du tabac. Les européennes et les américaines ne vivent pas toutefois pas dans le même monde.

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Trois événements ont marqué la semaine dernière, qui montrent la pression croissante sur les acteurs énergétiques, au nom du climat.

-Aux Pays-Bas, la justice a exigé que Shell relève ses objectifs de réduction des émissions de CO2. 

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-Aux Etats-Unis, les actionnaires d’ExxonMobil et de Chevron ont voté dans le même sens. 

-En France, l’assemblée générale annuelle de Total (rebaptisée TotalEnergies) a été largement consacrée, vendredi, au climat. La stratégie de Patrick Pouyanné a été validée à 92%, mais des actionnaires comme le Crédit Mutuel se sont abstenus. 

Voilà trois événements. 

En réalité, tout le monde n’est pas dans le même sac 

Les pétroliers américains se moquent du réchauffement, alors que les européens se fixent des objectifs de baisse du pétrole et de montée des renouvelables. 

Mais c'est bien tout le secteur qui est menacé d’être ostracisé comme l’industrie du tabac, et le cours des actions pétrolières subit une grosse décote. 

Le secteur a aussi reçu en pleine figure l’appel de l’Agence Internationale de l’énergie, mi-mai, à ne plus financer nulle part de nouveaux projets pétroliers et gaziers et à interdire les voitures thermiques dès 2035. C’est un tournant idéologique et historique. 

Que répond Total, qui exploite de nouvelles réserves en Ouganda par exemple ?

  • Un : tant qu’il y aura de la demande de pétrole, pour rouler, pour se chauffer, il faut y répondre ; si ce n’est pas nous qui remplissons les réservoirs, ce seront d’autres. 
  • Deux : le gaz pollue moins que le pétrole et la part du pétrole va passer de 55 à 35% d’ici 2030 dans le chiffre d'affaires du Français. 
  • Trois : Total a beaucoup d’argent pour investir dans les renouvelables : il promet d’être dans le top 5 des ENR avant 2030. 

Est-ce convaincant ? 

La demande des jeunes et des actionnaires va être croissante, et c’est certain : les exigences seront durcies à chaque rapport catastrophique du GIEC – si c’est le cas. 

On est donc au début. 

Mais il y a deux étonnements. Un : La Chine consomme, par habitant, infiniment plus de charbon que n’importe quel pays européen (10-20 fois plus). On ne voit pas beaucoup de campagnes internationales, des ONG, de manifestations pour la condamner. 

Deux : ensuite, à la Une du site d’Oxfam France, on trouve trois gros rapports pour dénoncer Total, les banques françaises et les multinationales. Sauf erreur dans la lecture de leurs communiqués, Oxfam Royaume-Uni (c’est le siège mondial) n’a pas mis en cause une seule fois depuis janvier les entreprises britanniques.

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Dominique Seux
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