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Résumé

Les milieux économiques s'inquiètent depuis des semaines d'obligations nouvelles sur la quantité de poussières flottant dans certains locaux professionnels. Le gouvernement travaille à un décret sous pression du Conseil d'Etat e doit arbitrer dans l'urgence.

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C'est une bagarre qui prouve que, pendant le Covid, l’activité réglementaire de l’Etat continue – certains disent sa folie normative. 

C’est un sujet qui mobilise les entreprises de plusieurs gros secteurs comme l’industrie agro-alimentaire, l’agriculture, les fonderies, le plâtre, et toutes les organisations patronales. Jean Castex a été saisi, Elisabeth Borne, la ministre du Travail, est sur le pont. 

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Je vous sens impatient : de quoi s’agit-il ? L’Etat envisage de très fortement diminuer (par deux ou par cinq) la densité admise de poussières dans l’air que l’on trouve dans un certain nombre de lieux professionnels. Attention, on ne parle pas du virus de la Covid-19. Attention aussi, on ne parle pas des poussières d’origine chimique et industrielle qui sont traitées par ailleurs. On parle des poussières ordinaires – par exemple dans les ateliers d’abattage et de découpe de volailles parce qu’il y a des microparticules de champignons. Ou dans les carrosseries. Ou sur des chantiers de démolition. Ou dans la métallurgie. Cela fait beaucoup de monde. 

Seul le travail en bureau n’est pas concerné. 

On les appelle des poussières sans effet spécifique parce que les respirer ne pose pas de problème en soi, en revanche en respirer trop peut poser un problème pulmonaire. 

Mais en respirer combien ? Voilà la question qui soulève la bronca actuelle, bronca racontée aussi ce matin par nos confrères de L’Opinion. En 2015 puis en 2019, l’Agence nationale de sécurité sanitaire en charge notamment du travail (l'Anses) a proposé cette diminution des seuils, le Conseil d’Etat a renchéri, mais le temps passant, aucune concertation n’a eu lieu, aucune étude contradictoire n’a permis d’avancer. 

Le patronat sait que les normes vont être durcies, mais il alerte le gouvernement : le temps d’installer des filtres à air partout, va-t-il falloir que tous les salariés concernés portent des masques FFP3 – vous avez aimé le chirurgical et le FFP2, vous allez adorer le FFP3. 

Que dit le gouvernement ? Il est embarrassé. Le drame de l’amiante l’invite à ne rien-sous-estimer des risques pour les salariés (et c'est indispensable), et il aurait déjà dû trancher. L’Allemagne a déjà baissé aussi une partie des seuils – sans qu'on puisse dire si la norme est vraiment appliquée Outre-Rhin. Mais surcharger les entreprises d’une nouvelle contrainte quand certaines sont très fragiles est tout aussi risqué. C'est de l'économie très concrète, loin du monde des idées, mais c'est la vie de millions de personnes.

Eh bien, réponse dans quelques jours pour savoir sous quel niveau la poussière devra rester tapie.

Références

L'équipe

Dominique Seux
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Production
Dominique Seux
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