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Résumé

Les intermittents du spectacle continuent ce matin d’occuper une cinquantaine de lieux de culture. Ils réclament une deuxième "année blanche" avec des indemnités sans travail ... La France n'a pas à rougir des sommes qu'elle consacre à la culture.

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Le théâtre de l’Odéon a été « libéré » (entre guillemets) dimanche matin, mais les grévistes se sont déplacés vers le CentQuatre, au Nord de Paris, et la Criée reste par exemple occupée à Marseille. 

Il n’est pas question d’affirmer ici que les intermittents sont des privilégiés richissimes et que leur régime d’indemnisation-chômage est un pur scandale : ce serait ridicule. Bien sûr, il y a beaucoup d’abus, davantage qu'ailleurs (dont la responsabilité incombe d’ailleurs souvent aux employeurs), mais la France a fait le choix d’aider puissamment sa culture. Et les Français adhèrent à cela, en allant au cinéma, au théâtre, au spectacle, au concert etc. 

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Non, ce qui est difficile à entendre et à supporter est qu’une partie des professionnels refusent (justement) de voir les efforts effectués par la collectivité -en clair, les entreprises privées et les contribuables- et se voient comme des victimes permanentes : on se souvient des discours tenus lors de l’élégante dernière cérémonie des Césars. 

Depuis le début de la crise, la France a mis sur la table 11 milliards d’euros pour la culture, deux fois plus que l’Italie, cinq fois plus que le Royaume-Uni et quatorze fois plus que l’Espagne. Certes, il faut toujours se méfier des comparaisons qui mélangent des choux et des carottes. Mais l’ordre de grandeur est juste et Roselyne Bachelot, tous ses collègues ministres admiratifs et exaspérés en témoignent, s’est battue millimètre par millimètre. 

Concrètement, les intermittents qui avaient épuisé leurs droits au chômage au printemps 2020, il y a plus d’un an, sont indemnisables jusqu’à la fin 2021, et certaines aides iront jusqu’à la fin 2022. Et il y a eu des tournages, des répétitions etc. Les moins de 30 ans, eux, devront justifier de seulement 338 heures de travail pour reconstituer leurs droits. Que chacun fasse le calcul : cela fait moins de dix semaines d’un salarié à 35 heures. 

Alors, que faire ? Le mouvement d’occupation, soit 500 personnes, exige la suppression de la réforme globale de l’assurance-chômage qui ne le concerne pas ! On a envie en tous cas de signaler une incongruité : le régime de l’intermittence n’est financé que par le secteur privé -et ce régime était responsable avant le covid d’un quart du déficit global de l’Unedic avec seulement 120.000 bénéficiaires. Les fonctionnaires, les indépendants, les parlementaires, qui aiment tous la culture, devraient exiger que leurs employeurs respectifs ou eux-mêmes cotisent. Par solidarité. Soyons certains qu’ils vont le faire.

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Dominique Seux
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Dominique Seux
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