Le prix d’un litre de lait acheté à l’éleveur, c’est moins que le prix d’une seule cigarette ! ©Getty -  Hans Neleman
Le prix d’un litre de lait acheté à l’éleveur, c’est moins que le prix d’une seule cigarette ! ©Getty - Hans Neleman
Le prix d’un litre de lait acheté à l’éleveur, c’est moins que le prix d’une seule cigarette ! ©Getty - Hans Neleman
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Résumé

Une journée avec Emmanuel Macron, qui avait affirmé il y a un an que la France doit reprendre (je le cite) le « contrôle de son alimentation ». Depuis que l’on a découvert que l’on manquait de masques, de vaccins et de puces électroniques, le mot souveraineté est redevenu tendance en matière industrielle.

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Mais qu’est-ce que cela veut dire en agriculture ? 

Eh bien, la situation n’est globalement pas la même, mais il y a tout de même des parallèles à faire. Elle n’est pas la même que dans l’industrie parce qu’il n’y a pas eu de pénurie alimentaire, que la France reste la première puissance agricole d’Europe, qu’elle exporte davantage qu’elle n’importe (des céréales, des vins et spiritueux) et que la gastronomie française est reconnue dans le monde entier.

Mais le parallèle est qu’il y a des trous de plus en plus gros dans la raquette alimentaire, comme dans l’industrie

La France importe la moitié des fruits et légumes qu’elle consomme, à cause de ses coûts salariaux, alors même que c’est bon pour la santé ; et notre consommation ne correspond pas à notre production. Nous importons de la viande hachée pas chère et des morceaux de volaille à la découpe, alors que nous exportons les beaux morceaux. C'est quand même un problème. 

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Alors, que faire ? 

On invite toujours les agriculteurs à monter en gamme et  à faire du bio (et c’est bien), mais en réalité ce sont peut-être les consommateurs qui doivent d’abord monter en gamme : chacun d’entre nous en tant que consommateurs mais aussi la restauration collective. 

L’alimentation pèse moins dans le budget des ménages (16,1%) que les transports et le logement parce que la pression sur les prix ne s’est jamais arrêtée. 

Sans remettre en cause l’ouverture au monde et des échanges, le patriotisme agricole ne devrait pas être davantage un gros mot en France que le patriotisme automobile ne l’est en Allemagne. Une proposition de loi veut sanctuariser les coûts de production. 

Le gouvernement la soutient peut-être, il s’agit de contraindre les industriels de l’agro-alimentaire et la grande distribution à acheter plus cher les produits agricoles. De fait, le prix d’un litre de lait acheté à l’éleveur, c’est moins que le prix d’une seule cigarette !

Mais cette entorse à l’économie de marché, qui peut avoir de gros effets pervers, suppose au minimum deux conditions : 

  • 1-que les agriculteurs s’organisent vraiment en filières puissantes, pour peser plus lourd ; ce n’est pas le cas aujourd’hui ; 
  • 2- que le monde agricole fasse tout pour regagner la bataille culturelle qu’il a hélas pour lui perdue depuis 10 ans, notamment sur l’environnement.
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Dominique Seux
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