Plan de relance  ©Getty -  Pakin Songmor
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Résumé

Cela fait plusieurs semaines que l’idée d’un second plan de relance est évoquée par Emmanuel Macron pour compléter celui de 750 milliards d’euros décidé l’été dernier au niveau européen. Margaret Vestager, vice-présidente de la commission européenne, lui répond : pas d'urgence.

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Margaret Vestager, vice-présidente de la Commission européenne, estime ce matin dans une interview aux Echos (je la cite) que c’est bizarre de parler d’un nouveau plan de relance dont nous ne sommes pas certains d’avoir besoin alors que nous avons déjà tellement de choses à faire.

Elle dit aussi : on peut s’inquiéter d’avoir faim dans une semaine, mais l’essentiel c’est quand même de manger aujourd’hui. Voilà, fin de citation. Cela fait plusieurs semaines que l’idée d’un second plan de relance est évoquée par Emmanuel Macron pour compléter celui de 750 milliards d’euros décidé l’été dernier au niveau européen. Un plan qui n’est toujours pas voté par tous les Vingt-Sept mais qui n’empêche pas Paris chaque pays de commencer à dépenser l’argent. 

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Qelle est l’argumentation économique pour remettre le couvert ?

Elle a été élaborée par deux économiques français, Jean Pisani-Ferry et Olivier Blanchard : 

il faut investir plus et donner un chèque de 350 euros aux ménages modestes pour soutenir la demande si l’Europe ne veut pas rater la reprise face à la Chine et aux Etats-Unis. 

Mais pourquoi alors Margaret Vestager verse-t-elle un seau d’eau froide sur ces ardeurs ? 

Eh bien, elle a probablement regardé les chiffres publiés par ses services la semaine dernière : la France est LE pays qui a cette année les dépenses publiques ET les recettes publiques les plus élevées de toute l’Europe ; nous sommes numéro 4 (sur 27) sur l’importance du déficit public, il est quatre fois plus élevé que celui du Danemark, pays de Margaret Vestager … 

Bref, quand la France parle de saison 2 sur la relance, elle sait de quoi elle parle

Mais les autres pays n’achètent pas forcément l’idée les yeux fermés. Et à Bruxelles, il y a le soupçon que ce soit le candidat Macron davantage que le président Macron qui veuille défendre cette idée début 2022 quand il présidera l’Union. 

Ce niet tue t-il l’idée ? Non, Bruxelles dit qu’il est trop tôt, on verra à l’automne où en sera l’économie européenne et le climat vaut bien des investissements. Si les Verts gagnaient les élections allemandes en septembre, l’état d’esprit pourrait aussi être différent. 

Différent, oui, sauf sur une réalité : en 2022, il y aura 44 points d’écart entre les dettes publiques allemande et française : 72% du PIB contre 116%. Il y a dix ans, elles étaient au même niveau. Vivons-nous mieux qu’eux ? Chacun peut répondre.

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Dominique Seux
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