Vaccins : l'Europe fait le tri
Vaccins : l'Europe fait le tri
Vaccins : l'Europe fait le tri ©Getty -  Marko Geber
Vaccins : l'Europe fait le tri ©Getty - Marko Geber
Vaccins : l'Europe fait le tri ©Getty - Marko Geber
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Résumé

Depuis neuf mois, l’Europe avait fait un pari, le pari du panier de vaccins – comme les Etats-Unis d’ailleurs. Le panier -en anglais le basket-, c’est-à-dire le panachage des commandes entre les différents vaccins pour être sûr d’en recevoir assez et de ne pas passer à côté des meilleurs.

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iEncore hier matin, Bruxelles, au deuxième trimestre (maintenant), attendait 370 millions de doses : 200 millions de Pfizer-BioNTech, 70 millions d’AstraZeneca, 55 millions de Janssen, 35 millions de Moderna et 10 de l’Allemand Curevac. 

Depuis hier, la stratégie évolue.

Désormais, l'Europe mise sur ceux qui marchent le mieux, et négocie avec eux – et peut-être même seulement avec eux. La présidente de la Commission a annoncé que les 27 vont recevoir 50 millions de doses Pfizer en plus d’ici juin, et qu’elle discute avec le duo germano-américain pour recevoir 1,8 milliard de doses supplémentaires d'ici 2023. Il s’agit des vaccins de deuxième génération, adaptés aux variants, et de ce que l’on appelle les « boosters », des doses de rappel à peut-être injecter cet automne. 

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C'est clair : l’Europe privilégie maintenant, et de loin, les vaccins à ARNm

Il y pile une semaine, on posait la question : AstraZeneca est-il plus près de la sortie que de l’augmentation ? Médicalement, son bénéfice reste très supérieur à ses ridsques, mais commercialement on a la réponse. Donc, résumons : davantage de commandes, tandis que Thierry Breton, le commissaire en charge du sujet, pousse les usines à tourner encore plus vite, et bloque la production européenne pour qu’elle ne quitte pas le continent. Cà, sur le papier, c’est évidemment regrettable, parce que le monde entier a besoin de vaccins, mais le Europa first s’impose, parce que les Etats-Unis et le Royaume-Uni jouent la carte du America first et du UK first. 

Entre janvier et mars, l’Europe a exporté 40% de sa production, les Européens disent aujourd’hui : nous d’abord.  

Tout cela, une stratégie gagnante ? 

L’Europe accélère : 100 millions de vaccinations depuis le début, et en France 1.200.000 vaccinations ces trois derniers jours - même si le retard par rapport aux Etats-Unis ne se rattrape pas, parce qu’ils accélèrent encore. Mais au total, sauf si le méchant variant brésilien (ou d’autres) débarque, l’objectif d’une vie normale cet été ou à l’automne devient tout à fait crédible. C’est la raison pour laquelle l’absence de contrôle aux aéroports ces derniers jours a énervé beaucoup de monde.

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Dominique Seux
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Dominique Seux
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