Télétravail, mais quelle (vraie) révolution ?  ©Getty - damircudic
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Résumé

Sur le télétravail, le mot révolution n’est pas un vain mot : au-delà des questions classiques d'organisation, il modifie la portée de la durée du travail et créé une nouvelle fracture cols blanc-cols bleus.

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Chacun le sait, c’est à partir d’aujourd’hui que les salariés en télétravail doivent revenir un peu au bureau – deux jours par semaine, recommande le gouvernement, mais les entreprises et les administrations peuvent s’organiser autrement. Il est désormais certain à 100 % que le télétravail va devenir un mode définitif d’organisation pour des millions de salariés - au moins en partie. 

Il y a 1 000 angles possibles sur ce sujet. Jusqu'à maintenant, beaucoup de patrons considéraient que dans télétravail, c’est le mot « télé » qui intéresse les salariés, pas le mot « travail » ; d'autres pestaient contre ce qu'ils voyaient comme du temps partiel. Eh bien, tous ceux-là reconnaissent que ce n’est pas vrai : 

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Le travail, il est là, la productivité individuelle, elle est là

De leur côté, les salariés apprécient le temps gagné sur les transports, mais ils reconnaissent que la convivialité leur manque et que la productivité collective en souffre. On pourrait aussi parler à l’infini du conservatisme de certains petits chefs. 

Deux autres dimensions intéressantes

  • La première 

Se demander si le télétravail ne va pas avoir cette conséquence-ci : l’affaiblissement voire la disparition du sens qu’a la durée du travail, objet central du droit du travail et du débat social depuis un siècle. Les 39 heures, les 35 heures, les 32 heures, quel sens cela a-t-il désormais pour les salariés en télétravail – même s’ils s’auto-badgent à distance sur leur ordinateur ? Le forfait-jour devrait progresser en flèche, mais c’est une question (presque) philosophique sur la confiance entre employeurs et employés. 

  • La seconde 

S’interroger, plus gravement, sur la fracture sociale entre les cols blancs et les cols bleus. La majorité du monde du travail n’est pas concerné : les livreurs, le monde de la santé, les commerçants, les caissières, tous les ouvriers, les cantonniers etc. etc. 

Le télétravail donne un certain confort de vie à ceux qui en ont déjà plus que d’autres. Comment cette évolution sociétale peut-elle être vécu dans la durée ?  

  • Encore un point 

On ne sait pas quelles seront les conséquences macro-économiques du télétravail durable. Comme Thomas Legrand je pose des questions plus que je n"apporte de réponses. Combien de bureaux vendus ? Combien de déménagements ? Quelles évolutions des prix immobiliers ? Quel trafic dans les transports en commun et sur la route ? Quelles conséquences sur le climat, la santé physique et mentale ? Il n’y a aucune raison de penser que la massification du télétravail restera sans impact.

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L'équipe

Dominique Seux
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Production
Dominique Seux
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