L'Etat a dépensé 424 milliards d’euros
L'Etat a dépensé 424 milliards d’euros
L'Etat a dépensé 424 milliards d’euros ©Getty - Yuichiro Chino
L'Etat a dépensé 424 milliards d’euros ©Getty - Yuichiro Chino
L'Etat a dépensé 424 milliards d’euros ©Getty - Yuichiro Chino
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Résumé

Le gouvernement a fait ses calculs sur la facture de la crise du coronavirus entre 2020 et 2022. Mais le point important est de savoir pourquoi il tenait à afficher un chiffre assez rondelet : essentiellement parce qu'il en a assez que tout le monde vante les plans Biden.

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424 milliards d’euros. Rien que ça. Ce chiffre a été dévoilé par Olivier Dussopt, ministre du Budget à Bercy, et il additionne les mesures d’urgence pour les ménages et les entreprises, le plan de relance, et les pertes de recettes fiscales et sociales, tout çà sur trois ans, 2020, 2021 et 2022.

Techniquement, pour nos auditeurs que cela intéresse (sait-on jamais), c’est la différence entre les déficits publics que l’on aurait pu avoir et ceux que l’on a et aura vraiment. 

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Evidemment, 424 milliards c’est énorme. Mais énorme comment ?

Les journalistes économiques, pour bien faire visualiser la chose, cherchent des images. 

424 milliards, non pas combien de divisions, mais combien de porte-avions, combien de fusées Ariane, combien de Smic – vous voyez l’idée.

Moi aussi, j’ai mon image : c’est la valeur de 28 millions de Clio 5 qui, mises bout à bout ferait une colonne longue de trois fois le tour de la terre. 

Bref, c’est beaucoup. 

Mais une fois cela dit, pourquoi Bercy (Bercy) a-t-il communiqué hier sur ce point (interviews au Figaro et à l’AFP) ? 

C’est la question. Je crois qu’il y a plusieurs raisons. 

  • La première est qu’il y a l’envie de dire que la France ne joue pas petit bras face aux gigantesques plans de Joe Biden dont on parle depuis une semaine. On a quand même dépensé 424 milliards. 
  • La deuxième raison est de dire en creux que cet argent colossal a été bien utilisé – et c’est vrai : il a permis et il permet de maintenir les revenus.  L’année dernière, le pouvoir d’achat moyen a même augmenté, avec la récession la plus forte depuis 1929 en temps de paix : c’est un acquis économique et politique.
  • La dernière raison, c’est qu’en faisant courir la facture jusqu’en 2022, cela annonce de façon subliminale qu’il n’y aura pas de retour de la rigueur avant la présidentielle. 
  • Et puis … ? Hasardons-nous un peu. Olivier Dussopt a lancé ce chiffre le jour même, hier, où un rapport de la Cour des comptes a critiqué la gestion des dépenses de l’Etat, pas assez sérieuse -selon elle- sur tout ce qui n’est pas lié au Covid. Le gouvernement, au lieu de répondre à la Cour en lui disant « si, nous sommes sérieux », lui envoie le message qu’elle ne comprend rien à rien « quand c’est la guerre, on ne regarde pas le cirage des chaussures ».

Si j’osais, je dirais que ce sont des escarmouches entre énarques auxquelles un simple mortel ne peut rien comprendre.

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Dominique Seux
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