La commissaire européenne en charge de la Santé, Stella Kyriakides, lors d'une conférence de presse sur le vaccin AstraZeneca Covid-19
La commissaire européenne en charge de la Santé, Stella Kyriakides, lors d'une conférence de presse sur le vaccin AstraZeneca Covid-19 ©AFP - Olivier Hoslet
La commissaire européenne en charge de la Santé, Stella Kyriakides, lors d'une conférence de presse sur le vaccin AstraZeneca Covid-19 ©AFP - Olivier Hoslet
La commissaire européenne en charge de la Santé, Stella Kyriakides, lors d'une conférence de presse sur le vaccin AstraZeneca Covid-19 ©AFP - Olivier Hoslet
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Le conflit entre la Commission européenne et AstraZeneca se tend. La première veut que les usines britanniques du second travaillent pour l'Europe. Le second argue d'incidents de production. L'opinion, elle, retient que les Britanniques sont six fois plus nombreux que les Français à être vaccinés.

La Commission européenne est (donc) en conflit ouvert avec le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca. Le laboratoire est britannique, vous allez voir, c’est un point essentiel pour la suite de l’histoire et de cette chronique. 

C’est une situation incroyable

Normalement, l’Europe devrait s’apprêter à se réjouir d’une excellente nouvelle : demain, l’Agence européenne des médicaments va autoriser le vaccin d’AstraZeneca et de l’Université d’Oxford, qui est le moins cher de tous, qui se conserve à une température normale et qui doit être le levier de la vaccination de masse – avec de gros volumes. 

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Seulement voilà, patatras : il y a des retards massifs dans la production et les livraisons des vaccins, et chacun se renvoie la balle. 

L’entreprise anglo-suédoise dit : "J’ai un petit problème technique sur une usine". 

La Commission européenne répond : "Vous auriez pu nous le dire avant et nous vous avons payé 330 millions d’euros pour que vous preniez de l’avance. Débrouillez-vous, et faites venir des doses de vos usines anglaises". 

AstraZeneca rétorque : "Ah non, on ne va pas déshabiller Boris (Johnson) pour habiller l’Europe, ça n’est pas dans le contrat, on ne peut pas, prenez votre place dans la file d'attente". 

Bruxelles voit rouge : "Ce contrat, on va le montrer !" 

Bref, l’industriel dit ne pouvoir livrer que 17 millions de doses au lieu de 80 millions d’ici fin mars et cela a des conséquences en France.

AstraZeneca ou Commission européenne : qui a raison ? 

AstraZeneca ne cherche pas à "faire de l’argent" sur ce vaccin, prix coûtant, zéro bénéfice, c’était la condition posée par l’Université d’Oxford. Mais l’entreprise a-t-elle survendu ses capacités ? Possible

De son côté, la Commission européenne se trouve un bouc-émissaire pour ce qui commence à ressembler, la vaccination, à un raté

C’est-à-dire ? Ce qui se passe sous nos yeux est une publicité vivante pour le Brexit, et c’est extrêmement embarrassant. Honni soit qui mal y pense ! 

Londres a négocié plus tôt que les 27, a sorti un plus gros chéquier et a commencé à vacciner plus tôt. Hier, 311 000 Britanniques ont été vaccinés, 91 000 Français. 

Depuis le début, 7 700 000 millions Britanniques ont reçu une dose de vaccin, 1 200 000 Français.

Certes, on peut lire l’affaire d’une autre façon : l’avantage britannique, c’est d’avoir un vaccin britannique, pas le Brexit et si les Français avaient négocié tout seuls, il aurait surtout eu Sanofi. Peut-être. Mais quand même : 

Londres a gagné la première manche et on risque d’assister à la première bataille du Brexit, entre les deux rives du Channel, pour s’arracher des vaccins. Et clairement messieurs les Anglais ont tiré les premiers.