Michèle Léridon (alors Directrice de l'information a l'AFP) le 21 Novembre 2015 à la première journée d'éducation aux médias
Michèle Léridon (alors Directrice de l'information a l'AFP) le 21 Novembre 2015 à la première journée d'éducation aux médias
Michèle Léridon (alors Directrice de l'information a l'AFP) le 21 Novembre 2015 à la première journée d'éducation aux médias ©Maxppp - Vincent Isore
Michèle Léridon (alors Directrice de l'information a l'AFP) le 21 Novembre 2015 à la première journée d'éducation aux médias ©Maxppp - Vincent Isore
Michèle Léridon (alors Directrice de l'information a l'AFP) le 21 Novembre 2015 à la première journée d'éducation aux médias ©Maxppp - Vincent Isore
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Résumé

Nous venons d’apprendre le décès brutal et prématuré d’une grande dame de l’information, Michèle Léridon, une « sage », membre du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel.

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Elle y présidait le groupe de travail le plus sensible du moment, veillant à l’expression du pluralisme dans les médias, à la déontologie de l’information, à la lutte contre la diffusion de la haine et des « fake news » en ligne. Autant de chantiers, pour ne pas dire de combats, menés tambour battant tout au long de sa carrière. 

Michèle Léridon, d’engagement, de droiture et de bienveillance. 37 années passées à l’Agence France-Presse. Elle fait ses classes au desk France, puis couvre le secteur des médias en pleine privatisation de la télévision. 

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Ensuite, ce sera l’Afrique. Un morceau de vie à Abidjan, la guerre du Libéria et celle, particulièrement atroce, de Sierra Leone. 

Longtemps après, elle veillera à la prise en charge des syndromes post-traumatiques, un tabou chez les grands reporters qui rentrent du front et serrent les dents. 

Après l’Afrique, Michèle Léridon a grimpé les échelons

Elle sera la première femme nommée directrice de l’Information de l’AFP, 1500 journalistes, 80 nationalités différentes, dans 150 pays. 

Qu’est-ce qui marque son mandat ? La décapitation de James Foley, confrère américain aux mains de l’État Islamique. Michèle Léridon impose des précautions drastiques pour garantir la sécurité des journalistes dans cette région du monde, mais aussi pour informer sans relayer la propagande de l’organisation terroriste. 

Puis viendra la remise en question profonde, en 2016 : la victoire de Donald Trump que les médias n’avaient pas vu venir. Michèle Léridon ouvre deux chantiers : la vérification de l’information et la lutte contre la désinformation qui ne figuraient pas dans les missions historiques d’une agence de presse. En outre, elle réfléchit à ce qu’elle appelle « les capteurs sociaux », la capacité à se tenir en prise avec le pays réel. 

Dans les années 90, elle avait créé à l’AFP un service Ville-Banlieue, pressentant que cet ancrage allait devenir crucial

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Elle s’activait depuis longtemps, avec des bourses notamment, pour plus de diversité sociale chez les journalistes, convaincue qu’il fallait agir très en amont pour encourager des jeunes de milieux défavorisés à oser opter pour cette voie. 

Enfin, Michèle Léridon n’a jamais rien lâché sur la place des femmes. Dans toutes les instances de l’agence, mais pas seulement, dans ses contenus aussi ! Dans les textes, les images et même les infographies signées de l’AFP.  

Ce matin, « l’urgent » de l’AFP annonçant sa mort est tombé à 8h15. Celui qui a rédigé la dépêche devait bien la connaître, forcément. 

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Sonia Devillers
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