Bild veut créer sa chaîne TV. Ici le building d'Alex Springer à Berlin
Bild veut créer sa chaîne TV. Ici le building d'Alex Springer à Berlin
Bild veut créer sa chaîne TV. Ici le building d'Alex Springer à Berlin ©Getty -  Christoph Soeder/picture alliance
Bild veut créer sa chaîne TV. Ici le building d'Alex Springer à Berlin ©Getty - Christoph Soeder/picture alliance
Bild veut créer sa chaîne TV. Ici le building d'Alex Springer à Berlin ©Getty - Christoph Soeder/picture alliance
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Résumé

« Bild », le journal le plus lu d’Allemagne, veut créer sa chaîne de télé… Encore faut-il que l’autorité de régulation lui en donne l’autorisation. Mais l’annonce a fait sursauter tout le pays parce que « Bild » est un tabloïd populiste, avec des titres énormes, et des points d’exclamation.

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C'est aussi un journal où des politiques sont interpellés en Une, ses pages sont pleines de rouge, de jaune et de noir comme le drapeau fédéral. 

Un tabloïd qui défouraille en continu contre la gestion du Covid et qui, fort de ses 11 imprimeries sur le territoire, tire encore 1,7 millions d’exemplaires par jour quand notre quotidien le plus imprimé est « Ouest-France », avec à peine 600 000 exemplaires. « Bild » n’est pas seulement le journal le plus lu d’Allemagne, il est le plus lu d’Europe...

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Idéologiquement, il ne se situe pas toujours là où on l’attend

Il cogne abominablement sur la Grèce pendant la crise de 2008, mais ouvre grand ses bras aux réfugiés syriens accueillis en très grand nombre par Angela Merkel. Il n’empêche, « Bild »  dénonce sans relâche les « profiteurs du système » et les « élites qui se déshonorent ». 

Un ancien président allemand a été contraint à la démission après une folle campagne menée par le tabloïd contre lui. 

« Bild » a perdu beaucoup de lecteurs, mais son influence demeure immense.

Il définit l’agenda politique. Il faut avoir « Bild » avec soi. Tous les futurs candidats le savent à l’approche des cruciales élections de septembre qui désigneront le successeur de Merkel. L’irruption d’une télé « Bild » dans la campagne peut s’avérer déterminante.

D’autant que cette chaîne annonce vouloir réagir à chaud à tout ce qui est susceptible de secouer l’opinion

Au moins six heures de direct par jour. On est là où ça pleure, là où ça rit, là où ça crie dans tout le pays. 

« Bild » compte déjà 500 journalistes de terrains répartis dans les Länder et entend s’appuyer sur cette force de frappe locale. La ligne éditoriale de la télé sera identique à celle du quotidien, décrète son propriétaire, le groupe Axel Springer : « politique, sport, people, faits divers ».  Il n'y a plus qu’à espérer qu’une sombre histoire de fric, de fesse ou de sang n’offre pas à la machine l’occasion de s’emballer. 

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L'équipe

Sonia Devillers
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