L’animateur Cyril Hanouna apparaît comme la courroie de transmission idéale du macronisme auprès du public populaire. ©AFP - Christophe Ena
L’animateur Cyril Hanouna apparaît comme la courroie de transmission idéale du macronisme auprès du public populaire. ©AFP - Christophe Ena
L’animateur Cyril Hanouna apparaît comme la courroie de transmission idéale du macronisme auprès du public populaire. ©AFP - Christophe Ena
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Résumé

Elisabeth Borne, ministre du Travail, sera demain aux côtés de Cyril Hanouna pour une émission spéciale intitulée "1 jeune, 1 solution".

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"1 jeune, 1 solution", c’est le nom du plan lancé il y a un an par le gouvernement. Cyril Hanouna monte un programme pour donner corps à un plan du gouvernement. A moins que ce ne soit l’inverse. Tant l’animateur apparaît comme la courroie de transmission idéale du macronisme auprès du public populaire. Hanouna, incarnation et bras médiatique de la macronie.

Dès la campagne, Hanouna chope Macron à la sortie d’un débat. Le futur président souhaite une bonne millième aux téléspectateurs de "Touche pas à mon poste". L’animateur lui souhaite lui, "une belle échéance" le 7 mai. Ensuite, Hanouna aura Emmanuel au téléphone, en direct sur C8. Il transmettra au nouveau président ses vœux d’anniversaire. Récemment, l’émission a appelé Brigitte Macron pour son anniversaire aussi. Je n’ai pas trouvé d’autres exemples, à part la matinale de "Fox news" appelant Donald Trump pour son anniversaire.  

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Entre-temps, les gilets jaunes. Les insurgés ont convergé spontanément vers le plateau de l’animateur. Ça s’est terminé par "un grand débat national" sur C8 (fort bien fait, d'ailleurs), dont Marlène Schiappa n’était pas l’invitée, non : elle en était la "coanimatrice". Depuis, c’est le défilé. Tous les seconds couteaux du gouvernement s’affichent dans TPMP. Jean-Baptiste Djebbari, Gabriel Attal (il y était encore hier soir), Julien Denormandie. Aligner un tel casting dans une émission de divertissement, c’est rare.

D’autant qu’on franchit un cran. Après 24 heures de pression sur les réseaux sociaux, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, cède : le voici par téléphone dans TPMP. Elisabeth Borne, demain. Quant à Marlène Schiappa, elle y a son rond de serviette. Et le plus choquant (je ne partage pas l’analyse de Sophia Aram) n’est pas que la numéro deux du ministère de l’Intérieur y trône entre deux pouet-pouet ou deux dérives trash, c’est que l’exécutif y soit systématiquement opposé à l’extrême-droite.    

Il y aurait une thèse à faire sur la manière dont Cyril Hanouna façonne les tenants de l’extrême-droite en parfaits personnages de télé. Prenez Jean Messiha, énarque, corédacteur du programme de Marine Le Pen en 2017, souffre-douleur au potentiel comique énorme, se réfugiant sans cesse derrière ses origines arabes pour professer le pire. Redoutable.   

Cyril Hanouna, un gars issu des quartiers devenu riche, ultra-libéral, autoritaire, sans tabou, qui adule les self-made men. Le bréviaire macronien fait homme. Hanouna qui organise le face-à-face avec le Rassemblement National mieux que personne. Ce que veut le président.

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Sonia Devillers
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