Homophobie : l’amour n’est pas un remède à la haine ©Getty - Fabio Formaggio / EyeEm
Homophobie : l’amour n’est pas un remède à la haine ©Getty - Fabio Formaggio / EyeEm
Homophobie : l’amour n’est pas un remède à la haine ©Getty - Fabio Formaggio / EyeEm
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Résumé

Des élus conservateurs se disent choqués par la campagne du gouvernement contre l’homophobie. CNews en a fait un débat. Pour Sonia Devillers, la campagne est effectivement choquante, mais pas pour les mêmes raisons.

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Vous l’aurez compris : les premiers concernés ne sont pas représentés. Leurs proches, eux, délivrent un message de tolérance en nous invitant à faire comme eux : à aimer l’autre malgré sa différence, à l’aimer jusqu’à l’enserrer. Cet amour-là rend manifestement heureux puisque les aimants semblent radieux.

Difficile de faire plus catho comme remède à l’homophobie que l’amour du prochain Sauf que le prochain n’en a RIEN à cirer de notre amour. RIEN. Il demande respect et égalité des droits. Pas qu’on le prenne dans les bras. On peut détester cordialement une personne homo ou trans, elle n’en demeure pas moins un être humain et un citoyen. Question d’éthique et de loi, pas de sentiment.

Quant à la ravissante vidéo qui accompagne ces affiches au son d’un hymne gay de l’Eurovision, elle montre des garçons qui s’embrassent et des filles qui se tiennent par la main et ne dit qu’une chose : combien l’amouuuuur qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est beau et respectable. Mais, rassurez-moi, les homosexuels qui ne s’affichent pas en couple, ces dépravés qui ne sont pas amoureux, pas deux (D-E-U-X), pas engagés, ils peuvent aussi être fiers de leur identité ? Ou alors il y aurait les bons et les mauvais homos et, là encore, ce serait l’amouuuur qui ferait la différence ?  

L’émetteur de cette campagne, enfin Santé Publique France, ancienne Agence nationale de santé. Les questions de discrimination font partie de ses prérogatives, mais tout le monde ne le sait pas. Or, les mots ont un sens. L’homophobie est un délit. Le ministère de la Justice pourrait nous en parler. La citoyenneté relève, elle, de l’Intérieur. Qu’est-ce que vient faire la « santé » là-dedans ? Les discriminations engendrent de la souffrance, soit, mais avant qu’on établisse ce lien-là, un autre nous vient à l’esprit, associant l’homosexualité à une maladie.

Franchement, je ne vois pas pourquoi ils râlent les élus versaillais.

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Sonia Devillers
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