Jeux Olympiques : les journalistes géolocalisés ©AFP - NORIKAZU TATEISHI / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN
Jeux Olympiques : les journalistes géolocalisés ©AFP - NORIKAZU TATEISHI / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN
Jeux Olympiques : les journalistes géolocalisés ©AFP - NORIKAZU TATEISHI / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN
Publicité
Résumé

On ose à peine y croire, les journalistes étrangers seront suivis à la trace par des mouchards pendant les Jeux Olympiques de Tokyo.

En savoir plus

Par des micro systèmes de GPS. Les envoyés spéciaux seront, sur place, constamment géo-localisés. Et ils s’avèrent d’ores et déjà menacés de perdre leur accréditation s’ils enfreignent les règles édictées par le comité d’organisation.

Seulement 4% de la population japonaise se trouve vaccinée. L’opinion publique bascule petit à petit en faveur des Jeux après s’y être montrée massivement opposée. Les autorités cherchent donc à lui donner des gages. Les spectateurs étrangers se sont vus claquer la porte au nez. Les journalistes étrangers, eux, vont être finalement acceptés, mais ils s’annoncent au nombre de 6000. Leur arrivée, en plus des délégations sportives, fait grincer des dents. 

Publicité

Des JO sans médias ? Inenvisageable

Dans le sport contemporain, l’image c’est de l’argent. Il y a les droits de diffusion vendus par les instances olympiques, mais pas seulement. Le rayonnement de Tokyo, des athlètes et de leurs sponsors en dépend.

Toutefois, cette couverture médiatique a un prix et celui-ci bafoue le B.A.-BA de l'État de droit. En résumé, les confrères qui se rendent au Japon sont sommés de fournir une liste détaillée des lieux où ils prévoient de se rendre. Ils ne pourront loger que dans des hôtels présélectionnés par les organisateurs. Interdiction d’opter pour des hébergements privés. Le nombre d’hôtels attitrés va être réduit à environ 150 contre 350, afin que le périmètre soit plus facilement contrôlable par le comité. Dispositif orwellien dans un pays déjà à la pointe de la télésurveillance.

Les sportifs olympiques eux-mêmes seront très limités dans leurs déplacements et soumis à des tests réguliers. 

Mais les journalistes, c’est différent

Notre profession bénéficie, dans la plupart des pays occidentaux, de ce qu’on appelle la « protection des sources ». Police et justice n’ont pas accès à la provenance de nos informations, ni à leurs conditions d’obtention. La Cour européenne des droits de l’Homme considère même le secret des sources comme la pierre angulaire de la liberté d’informer. Or, du 23 juillet au 8 août, les autorités japonaises sauront en temps réel où se trouvent les journalistes français, combien de temps ils y restent, qui ils rencontrent, avec qui ils s’attardent, d’où ils arrivaient et où ils iront ensuite. Combien de voyants rouges s’allumeront si nos confrères s’aventurent hors des installations sportives ?

Inquiétant. Très inquiétant.   

Références

L'équipe

Sonia Devillers
Sonia Devillers
Sonia Devillers
Production
Sonia Devillers
Sonia Devillers