Les Français font confiance à la science ©Getty - Crédits : Anchalee Phanmaha
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Résumé

L'université de Lorraine publie une étude paradoxale : d’un côté, les Français sont de plus nombreux à croire aux théories complotistes, de l’autre, ils font massivement confiance à la science.

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Évidemment, la presse a plutôt repris les premiers chiffres, titrant sur ce qu’ils ont d’affolant : 4 Français sur 10 croient en l’existence de conspirations. Il faut toutefois affiner.

Sur ces quatre-là, deux sur trois considèrent que le public se fait berner par des élites secrètes et un sur deux pense que les élus sont les marionnettes d’un « gouvernement secret ». Les puissances invisibles... Rien de nouveau, on baigne dans ces eaux-là depuis plusieurs années déjà, même s’il vrai que la pandémie a accéléré l’incidence de la paranoïa et démultiplié les fantasmes qui la nourrissent.  

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Pas la peine de faire de la surenchère, c’est spectaculaire mais loin d’être majoritaire… 

En revanche, voici un chiffre carrément massif :

84 % des Français font confiance à la science. Ils étaient 88 % il y a 20 ans, ils sont encore 84%. C’est énorme. 

Les Français font aussi confiance à 92 % aux médecins pour « dire la vérité sur le coronavirus ». L’indice est de 83 % lorsqu’il s’agit des « scientifiques et des universitaires » et de 78 % s’agissant de l’OMS. Vous vous rendez compte ? Sept personnes sur dix se méfient des responsables politiques et 55% des interrogés n’ont plus du tout confiance dans les journalistes, mais lorsque les savants parlent, on les écoute et on les croit.  

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Question : où, à votre avis, parlent les savants ?

Où s’expriment-ils pour être entendus dans l’espace public ? Dans les médias qui ont ouvert leur colonne, leurs plateaux et leurs micros aux scientifiques de manière exceptionnelle ces 18 derniers mois. On peut même parler de surexposition de la science. Et c’est là, aussi, le paradoxe. La médiatisation de la parole scientifique en ressort plébiscitée tandis que les médias eux-mêmes, sont toujours plus disqualifiés.

Traduction : les journalistes ne bénéficient pas du « capital confiance » des scientifiques lorsqu’ils relaient leur parole, la mettent en scène et aident à la vulgariser. Sujet qui préoccupent les journalistes, évidemment, mais aussi les scientifiques qui ont besoin de cette médiation pour toucher le public.  

Et ce, d’autant plus que médecins et chercheurs sont aujourd’hui confrontés aux réseaux sociaux, c’est-à-dire à une interpellation directe, parfois très conflictuelle, pour ne pas dire violente de la part des Français.