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Après la mort de Bernard Tapie, Marseille s’interroge sur l’avenir de son quotidien, « La Provence ».

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En réalité, voici un an et demi que les salariés de « La Provence » s’inquiètent. Depuis le 30 avril 2020, date à laquelle le tribunal de Bobigny a placé en liquidation judiciaire les sociétés de Bernard Tapie. L’homme d’affaires possédait 89% du quotidien marseillais. Allait-il devoir solder celui-ci pour rembourser ses dettes ? 

À  « La Provence », par le passé, on a déjà connu pareille situation

L’ancien propriétaire s’appelait Philippe Hersant. En 2013, après des années de gestions erratiques, ce patron-là vend le journal pour calmer des créanciers qui lui réclament de l’argent ailleurs. Qui rachète alors ? Qui se présente en homme providentiel ? Bernard Tapie.

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De fait, la lune de miel a lieu, « La Provence » est bel et bien redressée. Un petit actionnaire entre au capital, un groupe belge. Il y a moult tensions entre Tapie et les Belges. Mais les chiffres mettent tout le monde d’accord. En 2017, Bernard Tapie confie à Franz Olivier Giesbert, ancien patron du « Point » et marseillais de cœur, les rênes éditoriaux du titre. 

En 2019, les Belges se retirent. Leurs parts sont cédées à Xavier Niel

Tiens donc, Xavier Niel, puissant fondateur de Free, coactionnaire du « Monde ». Que vient-il faire à Marseille ? A quoi peuvent lui servir ces petits 11% de « La Provence » ? Dans les mois qui suivent, la stratégie s’éclaircit. Le milliardaire constitue à vitesse grand V un nouveau groupe de presse à vocation populaire et locale. Xavier Niel rachète coup sur coup « Nice Matin », « France Antilles » et « Paris Turf ». A qui le tour ? Fera-t-il une offre sur « La Provence » aux héritiers de Bernard Tapie ? 

Jusqu’à présent, les relations ne semblent pas hostiles

On parle d’un projet commun de centre d’impression. On a parlé d’une volonté commune de reprendre « La Marseillaise », le vieux canard communiste de la région en liquidation. Ça, ça a été abandonné. 

Mais la presse quotidienne régionale a méchamment souffert de la période de crise sanitaire et de la baisse des investissements publicitaires. Plusieurs titres en sortent affaiblis. « La Provence » a procédé à un plan social et a vendu son siège pour engranger du cash. Ça laisse supposer une reconfiguration du secteur. Ça en fait des opportunités pour Xavier Niel. 

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