Application Facebook sur smartphone
Application Facebook sur smartphone ©Getty - Chesnot
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Pendant la finale du Superbowl, ont été diffusés les pubs les plus chères du monde. Le constat : la bonne vieille télé a été prise d’assaut par les marques du Web !

Les audiences baissent, mais elles avoisinent encore les 100 millions de téléspectateurs. Aucun événement n’est autant suivi en direct. Aussi, le prix de la coupure publicitaire ne se dévalue-t-il pas. Au contraire, il a grimpé en flèche. 6,5 millions de dollars les 30 secondes, en hausse de 18% par rapport à l’année dernière.

Tous les annonceurs historiques du Superbowl, (les Pepsi, les Budweiser, les bagnoles, les rasoirs…) font leur retour, clamant leur tonitruante vitalité après la pandémie. Mais le pré-carré de ces industriels s’avère colonisé par les marques de l’économie virtuelle : les sites d’achat de crypto-monnaies, par exemple, ou les NFT, système de propriété numérique. Amazon Prime Vidéo a dévoilé la bande-annonce de son « Seigneur des anneaux » et Facebook, devenu Méta, son nouveau casque de réalité virtuelle. Le nouveau monde aurait-il finalement besoin de l’ancien pour asseoir son image, recruter des utilisateurs et démontrer sa puissance ? Eux qui sont censés avoir ringardisé ce média du 20ème siècle qu’est la télévision ?

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Arrêtons-nous sur le spot de Facebook, régressif dans la forme, archi-flippant sur le fond.

Voici une fable, dessin animé aux couleurs acidulées. Des animaux en peluche jouent du rock'n' roll dans un bar jusqu’à ce qu’on ferme le lieu et qu’on les débranche. Déchéance du gros chien poilu aux yeux tristes dont plus personne ne veut. Il finit dans une benne à ordure. Et puis, rebondissement… ce cabot en peluche va enfiler un casque de réalité virtuelle et s’échapper dans le métaverse. Merveille !! Il y retrouve toutes les bestioles de son ancien groupe de rock. Ça danse, ça chante… Qu’est-ce qu’on rigole dans ce monde en 3D, dématérialisé, délesté du poids de la réalité.

On voit bien, comment Facebook, après les scandales, évite de parler argent, politique et données personnelles, lorsqu’il nous présente son monde virtuel. Le mot d’ordre : le « Fun », le divertissement. Mais pour qui, à votre avis ? Pour ceux qui, comme la créature du spot, se sentent inutiles, délaissés, mis au rebut de la société. Ne nous y trompons pas, ce spot gnan-gnan est une parabole violente de la mort sociale. Il s’adresse à ceux qui n’ont d’amis que sur Facebook. Ceux qui ne se sentent compris que sur Facebook. Vous imaginez à combien de millions d’Américains cela peut parler ? Aux jeunes ? Non, aux vieux. À ceux qui regardent le SuperBowl, seuls, devant la télé.