Siège de la BBC à Regent Street à Londres en janvier 2022 ©Getty - Richard Baker / In Picture
Siège de la BBC à Regent Street à Londres en janvier 2022 ©Getty - Richard Baker / In Picture
Siège de la BBC à Regent Street à Londres en janvier 2022 ©Getty - Richard Baker / In Picture
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Résumé

Le gouvernement de Boris Johnson va supprimer la redevance. Comment va se financer la BBC à l’avenir? La presse britannique est coupée en deux : d’un côté, ceux qui s’alarment, de l’autre, ceux qui jubilent.

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Vous connaissez le « Daily mail », puissant tabloïd anglais ? Son supplément dominical affichait hier sa Une ultra agressive clamant que la ministre de la culture avait « cogné » ou « tabassé » la BBC. Le quotidien de centre gauche, le « Guardian », publiait la longue analyse du chef de son service média, prévoyant d’ores et déjà, que cette réforme conduirait au désastre; c’est-à-dire au démantèlement de l’audiovisuel public britannique.

La redevance sera abolie en 2027

Dans les deux prochaines années, le budget de la BBC sera gelé, puis la redevance devrait légèrement augmenter, mais moins que l’inflation, et enfin, rideau.

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Cela signifie, dès à présent, des fermetures de services et des licenciements. Très rapidement, les chaînes publiques devront revoir à la baisse le nombre de fictions produites et de compétitions sportives couvertes par les antennes du groupe public.

Ainsi, les programmes baissant en qualité, les citoyens britanniques risquent de désavouer encore plus la BBC, prédit « Le Guardian ».

Qui la défendra lorsque la redevance s’éteindra ?

C’est précisément là-dessus que mise Nadine Dorries, la ministre chargée du dossier. Cette annonce intervient dans le cadre de mesures prises par le gouvernement pour redorer la popularité de Boris Johnson appelé à la démission.

Couper un impôt, voilà une mesure démagogique, annoncée d’ailleurs à grand renfort de pathos : « L'époque où les personnes âgées étaient menacées de peines de prison et où les huissiers frappaient aux portes est révolue », a martelé la ministre.

Quid des chaînes de télévision, des stations de radio, de l’orchestre symphonique, des sites d’information et des plates-formes de vidéos à la demande en accès gratuit ?

Il faudra leur trouver un nouveau modèle de financement. Plus aucun scénario n’est tabou : privatisation partielle, mise en place d’abonnements payants…

Dans le camp Johnson, on estime que « l’époque de la télévision publique est révolue » et on salue la croissance de Netflix et Youtube, précise le « Guardian » s’appuyant sur une source anonyme.

Les coupes claires dans la dotation de la BBC n’ont cessé de s’accumuler ces dernières années. S’y ajoutent les accusations récurrentes de parti-pris idéologique tambourinées par les tabloïds, les conglomérats de médias privés comme celui détenu par le très conservateur Rupert Murdoch et les populistes…

Toute ressemblance avec des attaques portées, en France, contre les chaînes publiques serait purement fortuite.

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Sonia Devillers
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