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Résumé

Dans un documentaire édifiant, la BBC dévoile un trafic de vidéos racistes qui mettent en scène des enfants africains. Les Chinois adorent ça.

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Le scandale ne date pas d’hier.

Il a été dénoncé par plusieurs youtubeurs africains.

La BBC et France 24 avaient déjà pointé cette séquence ultra-virale en Chine dans lesquelles on voit 18 petits garçons et petites filles, pieds nus dans la poussière de leur village en Afrique noir. Un répétiteur chinois prononce des phrases que les enfants répètent avec entrain…

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« Je suis un monstre noir », « Je suis un diable noir », « J’ai un QI très faible », « Yeah ! »… Le tout, mis en ligne dans la catégorie « nègre ». Le public chinois en raffole. En Chine, on s’envoie moult cartes des vœux numériques pour se souhaiter « Joyeux anniversaire », « Joyeuse fête », « Bonnes vacances » ou même, « Bon appétit ». Ces animations virtuelles sont payantes, elles encapsulent des vidéos de quelques secondes. Sur cet énorme marché, les vidéos montrant des petits noirs qui se dénigrent ou se ridiculisent font un tabac.

Une journaliste britannique, Runako Celina, bilingue et installée en Chine depuis des années, a voulu remonter la filière et retrouver les enfants filmés. Elle est noire, elle-même exposée au racisme quotidien des Chinois. La voici repérant – par recoupement des captures d’écran - un village au Malawi. Un journaliste local commence l’enquête sur le terrain. Runako Celina poursuit son investigation sur les réseaux sociaux depuis Pékin. Ensemble, ils démasquent un entrepreneur chinois qui promet aux enfants 50 cents par jour pour participer à ses tournages au lieu d’aller à l’école.

Parmi eux, une petite star est née, un garçonnet de 4 ans, particulièrement craquant, très à l’aise devant la caméra : potentiel comique évident.

Toute la Chine le connaît sous le nom de Xiao Gulah. En réalité, il s’appelle Bright. Runako Celina arrive à son tour au Malawi pour le rencontrer, parler à sa maman, aux gens du village. Ils n’ont jamais vu l’argent, nul ne comprend un traître mot de ce qu’on fait enregistrer aux enfants, ceux-ci sont punis, battus, lorsqu’ils n’obéissent pas à l’entrepreneur chinois qui se fait appeler Susu « mon oncle ». Bright raconte en baissant les yeux. Il a 6 ans maintenant.

L’entrepreneur chinois est confondu devant les caméras de la BBC, mais la Runako Celina sait que le business renaîtra aussi sec quelques villages plus loin, partout où le racisme des uns se repaît de la misère des autres.

Références

L'équipe

Sonia Devillers
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Production
Sonia Devillers
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