Elon Musk : grenade dégoupillée

Elon Musk
Elon Musk ©AFP - Patrick Pleul / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance
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Le milliardaire américain parti à la conquête de l’espace, Elon Musk, rachète Twitter.

Il a 50 ans, il a fondé Paypal, Tesla et Space X, sa fortune est évaluée à 260 milliards de dollars et il refuse que Twitter, « son » terrain de jeu, se soit assagi et professionnalisé comme le web tout entier.

Depuis 2016, l’autorité des marchés financiers multiplie les enquêtes pour manipulation du cours de Tesla, constructeur automobile. En cause, des tweets farfelus annonçant des productions finalement inexistantes, d’autres indiquant que Tesla allait être retiré de la Bourse. Elon Musk paye une amende de 20 millions de dollars, renonce à son poste de PDG et promet que ses tweets seront dorénavant visés par des avocats avant publication. En 2020, toutefois, il tweete que la valeur du cours de Tesla lui paraît trop élevée. Elle plonge de 10%.

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Lorsque Tesla franchit le cap des 1000 milliards de capitalisation boursière, il commet un tweet illisible, borborygme typographique. En novembre dernier, Musk lance sur Twitter une consultation : doit-il vendre 10% de ses actions de Tesla ? Cela lui rapporterait 21 milliards de dollars. En réalité, il doit 15 milliards de dollars au fisc suite à une gigantesque plus-value. Il n’a pas le choix, mais il fait le show. L’action Tesla chute de 5%.

Chaque tweet affirme une seule et même chose : le fait du prince. Il est le maître du jeu. C’est ça qu’il veut.

Par ailleurs, le réseau social lui sert à railler le gros ventre de Bill Gates et à railler ceux qui vont condamner son tweet, à afficher son soutien au rappeur Kanye West candidat à la présidentielle, puis à se rétracter, à traiter de « pédophiles » des spéléologues sauveteurs d’enfants thaïlandais coincés dans une grotte, puis à s’excuser, à annoncer un Institut texan des technologie et des sciences dont l’acronyme serait T.I.T.S, « nichons », ou bien à tweeter très sérieusement que « 50% de ses tweets sont écrits sur un trône de porcelaine », sur les chiottes, donc, j’imagine.

Elon Musk, obsédé par le « free speech », la liberté de dire qu'il tire, lui, vers la hargne, la décontraction, le n’importe quoi parfois, la provoc… propres aux débuts de l’Internet. Comme si le monde n’avait pas changé, comme si les Gafa n’avaient pas favorisé la désinformation et la manipulation des opinions, comme si les réseaux n’avaient pas affaibli les démocraties, comme si le Sénat américain et la Commission européenne ne tapaient pas – là - du poing sur la table, comme si les élections de mi-mandat n’arrivaient pas à grands pas, comme si Twitter aux mains d’Elon Musk n’était pas une grenade dégoupillée dont les extrêmes salivent à l’idée de s’emparer.

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