Vincent Bolloré en avril 2019 ©AFP - ERIC PIERMONT
Vincent Bolloré en avril 2019 ©AFP - ERIC PIERMONT
Vincent Bolloré en avril 2019 ©AFP - ERIC PIERMONT
Publicité
Résumé

Une tribune paru ce matin dans le journal Le Monde veut alerter le grand public sur la concentration des médias.

En savoir plus

Sujet essentiel, qui concerne tous les citoyens, mais qui peine à s’installer dans le débat public. Il est pourtant au cœur d’une double actualité. Une commission d’enquête parlementaire, lancée par le Sénat, qui est au travail en en ce moment-même. Et une mission confiée par le gouvernement à l’inspection générale des finances et celle des affaires culturelles.

La tribune paru aujourd’hui dans le Monde est signée par des syndicats de journalistes, par Reporter Sans Frontière ou encore par le collectif « informer n’est pas un délit ». Elle alerte, je cite, sur le « fléau médiatique, social et démocratique » que représente la mainmise par quelques milliardaires sur les médias français. Tous les regards se tournent bien sûr vers Vincent Bolloré. « Jamais un homme d’affaires français n’a concentré autant de médias entre ses mains », lit-on dans la tribune.  

Publicité

La concentration des médias n’est pas un phénomène nouveau

Cette concentration s’est accélérée et accentuée ces dernières années. Le rachat du groupe Prisma par Vivendi et l’OPA sur le groupe Lagardère attisent les inquiétudes, tout comme la fusion prévue de TF1 et de M6.  

Ce que dit cette tribune, c’est qu’il est urgent de changer les règles du jeu. La loi concernée date de 1986. Elle a été modifiée à quelques reprises, mais jamais réécrite en profondeur. 1986 : mesure-t-on à quel point le paysage médiatique a changé depuis, avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux ?  

Un seul exemple, parmi d’autres : la règle des 49%. Voici ce que dit la loi : une même personne physique ou morale ne peut pas détenir plus de 49% du capital ou des droits de vote d’une grosse chaine de télévision (pour être précise : d’une chaine dont l’audience dépasse les 8%, autrement dit, aujourd’hui TF1 et M6). Or, la stratégie de Vincent Bolloré, c’est justement de prendre le contrôle des entreprises avec moins de la moitié des parts. La notion d’actionnaire de contrôle a complètement changé depuis les années 1980.

Cette loi est obsolète

Ce qui est compliqué, avec ce sujet de la concentration des médias, c’est qu’il est justifié par l’émergence des GAFAM. La constitution de poids lourds, de gros acteurs capables de concurrencer les géants mondiaux du numérique est-elle incompatible avec le pluralisme des médias et la diversité de l’offre ? Comment assurer l’équilibre économique des médias tout en conservant une grande diversité d’acteurs ? Les injonctions semblent contradictoires. La loi n’en est pas moins dépassée et à repenser d’urgence. Voilà qui demande du courage politique.  

L’Etat a la responsabilité de défendre le pluralisme : c’est écrit dans la Constitution. 

Références

L'équipe

Dorothée Barba
Dorothée Barba
Dorothée Barba
Production