La photographie intitulée "Hardship of Life" ("L'épreuve de la vie"), avec laquelle Mehmet Aslan a remporté le Prix international de la photographie de Sienne - SIENA INTERNATIONAL PHOTO AWARDS
La photographie intitulée "Hardship of Life" ("L'épreuve de la vie"), avec laquelle Mehmet Aslan a remporté le Prix international de la photographie de Sienne - SIENA INTERNATIONAL PHOTO AWARDS
La photographie intitulée "Hardship of Life" ("L'épreuve de la vie"), avec laquelle Mehmet Aslan a remporté le Prix international de la photographie de Sienne - SIENA INTERNATIONAL PHOTO AWARDS
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Résumé

Comment une photo de guerre peut faire basculer le destin d’un enfant…

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Le cliché a été pris en Turquie, dans un camp de réfugiés syriens, il y a pile un an. On y voit un homme hilare, unijambiste, appuyant son moignon sur sa béquille et se servant de ses bras pour brandir vers le ciel son petit garçon, lui aussi, hilare. L’enfant est un tronc. Le père a perdu sa jambe droite dans une explosion. Son fils, lui, est né sans bras, ni jambe, à cause des médicaments que la mère, intoxiquée au gaz, a ingérés pendant la grossesse. Ces corps mutilés par la guerre, l’élan vital qui les traverse, l’amour filial qui irradie la photo…  l’image a été vue dans le monde entier. Son auteur, Mehmet Aslan, a décroché un prix très prestigieux, celui du Festival International de Sienne, en Italie.

Festival qui, face à l’émotion provoquée par le cliché et aux collectes qui se sont spontanément organisées pour venir en aide à ces gens, décide de remuer ciel et terre afin d’obtenir un visa à cette famille. Cela a pris des mois durant lesquels on se parle, via l’application WhatsApp, en passant les messages au Google Trad : ces Syriens ne parlent aucune langue étrangère. Ils sont arrivés en Italie, vendredi.

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La presse italienne ainsi que le "New York Times" racontent l’épopée. Comme souvent lorsqu’une photo de guerre défraie l’opinion, ses personnages sortent de l’anonymat. Propulsés au rang de symboles universels durant quelques jours, les médias leur rendent leur identité et avec elle, la dignité à laquelle peuvent prétendre toutes les victimes. Avoir un nom, un passé, un destin. Ne pas être réduit, à l’instant T, à un corps et à une tragédie.

"La petite fille au napalm", photographiée nue au Vietnam en 1972 s’appelle Kim Puck. Elle vit aujourd’hui au Canada. 

La jeune afghane aux yeux verts, photographiée en 1984, s’appelle Sharbat Gula. Mère de famille immédiatement ciblée par les Talibans, elle a été évacuée vers l’Europe le mois dernier. 

Le petit garçon syrien au tee-shirt rouge, retrouvé échoué sur une plage face contre sable, s’appelait Aylan Kurdi. Il est mort à l’âge de 3 ans et demi. 

Et cet enfant-tronc qui sourit si fort, alors ? Il s’appelle Mustafa El Nezzel, il a six ans. La chaîne de solidarité devrait permettre de les loger lui et sa famille et surtout, de les soigner. Au père et au fils, il faut des prothèses. Mustafa pourra-t-il marcher un jour ? C’est ça une photo de guerre représentant des enfants, un mélange d’innocence meurtrie et d’espoir.

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L'équipe

Sonia Devillers
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